WASHINGTON - C'est dans la grisaille et sous une pluie battante que Lucian Bute a quitté la capitale américaine, les mains vides et la tête remplie de questions.

Un texte de Jean-François Chabot

Le non-résultat récolté samedi soir dans un DC Armory au deux tiers vide face au champion WBC des super-moyens, Badou Jack, a donné à Bute de quoi réfléchir pour de nombreux jours à venir.

À 36 ans, Bute a démontré toutes les aptitudes de l'athlète qui se voit encore rivaliser avec les plus grands.

La réalité est qu'il a visiblement perdu cette fraction de seconde qui lui permettait de faire la différence entre recevoir un coup ou l'éviter, atteindre sa cible ou la rater, entre la victoire ou la défaite.

Bute est, et restera dans le cœur des amateurs de boxe du Québec, un champion qui a fait rayonner sa terre d'adoption sur la planète sportive.

En conférence de presse aux petites heures dans la nuit de samedi à dimanche, Bute a répété qu'il n'avait pas envie de tout abandonner, qu'il voulait encore se battre pour revenir au sommet.

Mais la boxe est un sport cruel et dangereux. On joue au hockey. On joue au tennis. On joue au soccer. Mais on ne joue pas à la boxe. On se bat.

Sous les bons conseils des frères Howard et Otis Grant, Bute a retrouvé sa confiance et sa condition physique exceptionnelle.

C'est ce qui lui a permis de pousser ses deux derniers adversaires, James DeGale et Badou Jack à la limite des 12 rounds de deux combats de championnat mondial.

En sachant d'où était parti Bute après sa dure défaite devant Carl Froch en 2012, le simple fait d'être revenu à un haut niveau compétition constitue en soi un exploit.

Mais au moment où il n'a plus le loisir de choisir ses adversaires, Bute acceptera-t-il de jouer le rôle de cet ancien champion mondial face à qui de jeunes loups affamés voudront se faire un nom?

Lucian Bute est un athlète fier et un homme intelligent. Il saura faire le bon choix quand sa carrière, sa santé et sa future petite famille seront ses seules options.

Sensible, Lucian Bute n'a pas pu cacher les trémolos dans sa voix quand il nous jurait vouloir continuer.

Même les plus grands de tous ont été confrontés à cet incontournable dilemme. Le temps est un adversaire implacable, invaincu depuis toujours, et qui a fini par avoir raison de nos plus légendaires héros.

La prochaine bataille de Lucian Bute, celle qui se déroulera dans sa tête au cours des prochaines semaines, sera la plus difficile de sa vie.

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