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Manifestation pour un salaire minimum de 15 $ l'heure

Des centaines de personnes ont manifesté samedi à Montréal pour réclamer une hausse du salaire minimum à 15 $ l'heure.

La manifestation a réuni les principales centrales syndicales, des groupes de travailleurs, des organismes antipauvreté, des étudiants et des élus, notamment de Québec solidaire et du Parti québécois. Partis de Villeray, les manifestants ont terminé leur parcours dans le quartier voisin, Parc-Extension.

Depuis le 1er mai de cette année, le salaire minimum est de 10,75 $ l'heure au Québec. Parmi les groupes qui participaient à la manifestation, certains demandent son augmentation à 15 $ l'heure « le plus rapidement possible », alors que d'autres sont prêts à donner un horizon de quelques années pour parvenir à ce salaire, à raison d'augmentations de 70 ¢ par an.

En comparaison, le salaire minimum québécois a augmenté de 20 ¢ par année depuis trois ans.

Lutte contre la pauvreté ou hausse du chômage?

Alors que les manifestants voient dans l'augmentation du salaire minimum un moyen efficace de lutter contre la pauvreté et les inégalités, les organisations patronales s'opposent fermement à cette mesure. La Fédération canadienne de l'entreprise indépendante et le Conseil du patronat, par exemple, craignent que la hausse demandée nuise à la rentabilité de leurs membres. Ils affirment également qu'elle pourrait entraîner une hausse du chômage.

De leur côté, les groupes en faveur de la hausse disent que ces arguments ne sont que des « épouvantails » agités par le patronat et qu'il y a peu d'effets négatifs à augmenter de façon substantielle le salaire minimum.

Ils ont d'ailleurs bon espoir de voir le gouvernement accéder à leur demande.

« Aujourd'hui, les trois partis [d'opposition] sont prêts à faire un débat public sur la question », a souligné la députée de Québec solidaire Manon Massé, précisant que les libéraux sont maintenant les seuls à ne pas vouloir en discuter à l'Assemblée nationale.

Mme Massé, qui avait présenté il y a quelques mois une motion sur la question, remarque un changement de ton depuis quelques semaines - de la part des partis d'opposition, du moins.

Le premier ministre Philippe Couillard a déclaré récemment que son gouvernement évaluait ses options quant aux mesures sociales et, selon la présidente de la CSQ, Louise Chabot, cette réflexion n'est pas étrangère à la « pression populaire forte ». « Je pense que le gouvernement n'a d'autre choix que de considérer les mesures pour lutter contre la pauvreté. [La hausse du salaire minimum], c'est une mesure, un moyen qui est incontournable », a-t-elle plaidé.

Le nouveau leader parlementaire adjoint du Parti québécois, Sylvain Rochon, est d'avis que le mouvement gagne en popularité. « Je trouve qu'il ne peut y avoir pire gouvernement qu'un gouvernement qui ne veut rien savoir. Comment peut-on refuser d'examiner cette question-là, qui est au centre du débat public depuis des mois? » se demande-t-il.

Une autre manifestation en faveur de l'augmentation du salaire minimum à 15 $ l'heure aura lieu lundi à Québec.

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