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Marché Jean-Talon : à la recherche d'un équilibre entre piétons, automobilistes et marchands

Le maire de Rosemont-La Petite-Patrie, François Croteau, assure que les environs du marché Jean-Talon ne seront pas entièrement piétonnisés, pas plus que ne disparaîtront les places de stationnement situées aux abords du marché public.

Un texte de Hugo Prévost

Dans une lettre ouverte publiée jeudi dans Le Devoir, le maire Croteau dit prendre acte de l'opposition de certains marchands au projet de réaménagement d'une partie du stationnement du marché, aux abords de la rue Casgrain, afin d'en faire une place publique.

Le projet en question, qui entraînerait la disparition d'une dizaine de places de stationnement installées près de la boulangerie Première Moisson et de la succursale de la Société des alcools du Québec (SAQ), a entraîné une levée de boucliers de la part de certains commerçants.

Ceux-ci affirment que la circulation automobile est déjà suffisamment difficile aux alentours du marché, y compris en raison de la piétonnisation de la rue Shamrock, entre l'avenue Casgrain et le boulevard Saint-Laurent.

Ils soutiennent que réduire davantage les possibilités de stationner dans le secteur fera non seulement fuir les clients, mais compliquera également la livraison par camion.

Ces commerçants ont par ailleurs lancé une pétition pour réclamer le retour des cases de stationnement et l'abandon du projet de place publique. Baptisée « Sauvons le marché », cette pétition aurait recueilli plusieurs miliiers de noms.

François Croteau répond aux détracteurs en affirmant « comprendre leurs craintes, sans toutefois les partager ».

Comme il le rappelle, deux espaces de livraison seront ajoutés aux abords de la future place publique, ainsi que 10 espaces où il sera possible de se stationner gratuitement pour une durée de 15 minutes.

« Rappelons qu’il y a, sur le site du marché, plus de 410 stationnements souterrains payants en plus des parcomètres sur rue », écrit encore le maire de l'arrondissement.

Du côté des marchands opposés au projet, on déplore toutefois que ce stationnement souterrain, installé sous la SAQ, ne soit pas accessible via un ascenseur, ce qui pose selon eux un problème pour les gens à mobilité réduite et ceux transportant de grandes quantité d'aliments.

Le maire s'engage pour sa part à ce qu'une « solution rapide » soit trouvée pour la construction de l'ascenseur en question.

Vers un plan directeur

Toujours selon M. Croteau, l'administration de l'arrondissement a rejeté l'idée d'une piétonnisation complète du marché : « Nous croyons que cela viendrait nuire à plusieurs activités commerciales du marché », mentionne-t-on.

Le maire souligne par ailleurs qu'« il faut conserver un équilibre entre les deux types d'activités », soit les clients qui se déplacent à pied et ceux qui viennent en voiture, mais qu'il importe également de « mieux planifier l'avenir du marché ».

L'arrondissement entend donc mettre au point un plan directeur du marché, qui comprendra une étude de marché, une autre sur les besoins d'aménagement à des fins d'activités commerciales et une troisième portant sur le stationnement.

D'ici là, l'engagement du maire semble clair : pas question de piétonniser davantage, de retirer d'autres cases de stationnement ou de fermer la rue Casgrain à la circulation.

Contacté par Radio-Canada, François Croteau n'a pas voulu commenter davantage sa lettre ouverte.

Habitudes changeantes

Avec davantage d'espace offert aux piétons, le marché Jean-Talon reflète une certaine transformation des habitudes des consommateurs, estime Josée Tétrault, directrice des opérations à la Corporation des marchés publics de Montréal.

« Il y a plusieurs années, les gens venaient au marché, ou allaient à l'épicerie en général une fois par semaine; aujourd'hui, [certains consommateurs] vont au marché plusieurs fois par semaine », indique-t-elle.

Cependant, dit-elle, on compte toujours une partie de la clientèle qui vient acheter de grandes quantités de produits, et qui a donc besoin d'y stationner un véhicule.

« Je crois que le marché répond bien aux deux réalités; il y a quand même 420 places [de stationnement] au marché Jean-Talon 12 mois par année, voire davantage de places l'hiver. Avec la piétonnisation des ruelles, on favorise peut-être aussi les gens qui veulent passer davantage de temps au marché, se promener et faire leurs courses tranquillement », ajoute Mme Tétreault.

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