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Marie-Ève Bordeleau : « J'ai toujours œuvré pour la réconciliation »

L'avocate crie Marie-Ève Bordeleau s’est installée lundi dans ses fonctions de commissaire aux Affaires autochtones de Montréal. Rencontre avec une femme déterminée qui a pour mission d’harmoniser les relations entre les Premières Nations et l’administration municipale.

Marie-Ève Bordeleau a déjà tiré toutes les ficelles, ou presque, des relations politiques et administratives entre les peuples autochtones et les différentes administrations gouvernementales. En tant qu’avocate et consultante, elle a parcouru le Québec et le Canada pour le compte d’organisations autochtones telles que des compagnies ou des conseils de bande.

Elle a aussi navigué en eaux troubles en prenant la défense tour à tour des intérêts de chefs, de trappeurs ou d’organisations de femmes. Sa grande fierté est d’avoir traversé le pays avec le Cercle national autochtone contre la violence familiale, pour visiter des maisons d'hébergement pour femmes. Elle se dit fière d’avoir partagé ses connaissances en droit avec des femmes de terrain qui, en retour, se sont avérées être une « importante source d’inspiration ».

Mme Bordeleau a également collaboré ponctuellement avec le chef Ghislain Picard, dont elle garde un excellent souvenir. « Le genre de personnes qui m’incite à aller de l’avant », précise-t-elle, à propos du chef de l’Assemblée des Premières Nations du Québec et du Labrador, dont elle admire le parcours et son dévouement pour améliorer le bien-être des peuples autochtones et des Premières Nations.

Une philosophie de nation à nation

La première commissaire aux Affaires autochtones de Montréal compte bien mettre cette longue expérience au service de sa nouvelle mission qui concorde, selon ses mots, avec ses valeurs personnelles et professionnelles.

La réconciliation justement, Mme Bordeleau veut en faire le maître mot de son mandat de trois ans. Elle entend poser les bases « d’une philosophie de nation à nation » dans les relations entre les peuples autochtones et la Ville de Montréal. Dans cet esprit, elle prévoit faire la promotion de la Déclaration des Nations unies sur les droits des peuples autochtones. « Sa mise en œuvre, dit-elle doit faire partie de ce grand projet de réconciliation [...] de même que la décolonisation des institutions ».

Pour ce faire, elle entend s’attaquer à des dossiers sociaux épineux qui concernent particulièrement les Autochtones, tels que les défis liés à l’itinérance. Au niveau administratif, son approche passera en premier lieu par des « formations de conscientisation » auprès du personnel de la Ville de Montréal, en particulier aux employés en contact avec le public.

Marie-Ève Bordeleau surveille de près les travaux la Commission d'enquête sur les relations entre les Autochtones et certains services publics au Québec (commission Viens). Elle s’attend à y trouver une source d’inspiration pour orienter son travail et déterminer des stratégies, notamment sur le racisme systémique.

Sur ce point, elle devrait bien s’entendre avec Valérie Plante, qui a créé, au mois de décembre, une table de réflexion pour lutter contre les discriminations regroupant des membres de la société civile. Marie-Ève Bordeleau devra travailler de concert avec la mairesse de Montréal, elle a pour mission de la conseiller sur les relations entre la Ville et les communautés autochtones.

De son propre aveu, le premier contact entre elles a été positif. Les deux femmes ont comme point commun d’être originaires de l’Abitibi et d’avoir choisi la métropole comme terre d’adoption. Mme Bordeleau confie d’ailleurs avoir gardé un lien profond avec Senneterre, sa région d’origine, avant de déclarer sa flamme pour Montréal, « ici c’est chez moi, dit-elle avec enthousiasme, tout comme l’Abitibi ».

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