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Maxim Tissot, Karl W. Ouimette et un championnat encourageant

Ils ont quitté l'Impact pour d'autres clubs de MLS, puis ils sont partis du circuit Garber. Mais à San Francisco, les Québécois Maxim Tissot et Karl W. Ouimette sont allés chercher la meilleure carte de visite qui soit pour la suite de leur carrière : un championnat. Devant l'avenir incertain de leur club, ils réfléchissent au leur. Dans la sérénité.

Un texte d’Olivier Tremblay

La nuit de dimanche à lundi a été courte. Cette victoire contre le Cosmos de New York en finale de la NASL, personne ne l’attendait vraiment, quelques mois auparavant. Les Deltas de San Francisco l’ont fêtée comme il se doit.

Tissot et Ouimette avaient les yeux petits, lundi matin. Mais ils peuvent regarder en arrière avec le sentiment du devoir accompli. L’équipe d’expansion s’était fixé le prudent objectif d’une qualification pour les éliminatoires. Elle est maintenant championne.

Les deux produits de l’académie de l’Impact n’avaient que 16 ans qu’ils vivaient déjà de grands moments ensemble en sélection du Québec. Ils étaient coéquipiers lorsqu’ils ont gagné leur premier trophée chez les professionnels, le Championnat canadien de 2013. Mais cette couronne en NASL a une saveur bien particulière pour tous les deux.

« Nous sommes des compétiteurs. Tout le monde voulait gagner, soutient Ouimette en entrevue téléphonique à Radio-Canada Sports. C’était une journée remplie de bonheur. Nous avions un bon groupe de gars. Tout le monde travaillait fort. Tout le monde s’entendait bien. Nous passions du temps ensemble. C’était bien. »

« Le Championnat canadien, ce n’était pas pareil, ajoute Tissot. Ça ne durait que quelques mois, tandis que ça, c’était le résultat du travail acharné durant toute l’année. »

Il en aura fallu du travail, et dans des conditions pas toujours commodes. Leur entraîneur, Marc Dos Santos, en avait long à dire sur le nuage d’inconfort qui planait sur les Deltas cette saison. Ses protégés opinent du bonnet.

Malgré les obstacles, comment ne pas apprécier l’expérience californienne – surtout quand on en retire un championnat? Tissot et Ouimette ont habité le même immeuble au cœur de San Francisco. Ils étaient proches de tout et n’avaient pas besoin de voiture. La mentalité tranquille de la côte ouest leur a plu.

L'effet Dos Santos

À l’entraînement, par contre, rien de paisible. Dos Santos a voulu construire un collectif hermétique sur le plan défensif, qui compliquerait la vie des attaquants adverses. Les Deltas n’ont accordé que 35 buts cette saison et, surtout, ont blanchi la concurrence en éliminatoires.

Si jamais Dos Santos avait besoin de lettres de recommandation, il peut regarder du côté de ses deux joueurs québécois.

« Marc, c’est un motivateur hors du commun, souligne Ouimette. Peu importe la situation, il fait tout pour que nous nous concentrions sur une chose : gagner. Nous n’avons pas voulu trop en faire. Même en finale, nous n’avons pas joué de manière exceptionnelle, mais nous avons défendu comme des malades. Il fallait gratter, batailler, tout faire pour gagner. »

Le temps de penser à l'avenir

L’entraîneur connaît déjà sa destination en vue de 2018. Sans vouloir l'identifier pour le moment, Dos Santos confirme toutefois que ce sera dans l’est du continent. Pour Ouimette et Tissot, la réflexion est amorcée. Ils savent une chose : eux aussi veulent se rapprocher de leurs familles, qui n’avaient pas à subir six heures d’avion à l’époque où leur footballeur de fils, de frère ou d’époux jouait pour les Red Bulls de New York ou le D.C. United.

Seule équipe de la côte ouest en NASL, les Deltas ont fait le plein de milles de récompense, ce qui ne les a pas empêchés de récolter une victoire ou un match nul dans toutes leurs rencontres sur la route sauf une.

Néanmoins, les grands voyages, c’est assez.

« Je veux juste digérer notre victoire, affirme Tissot. Il devrait y avoir de l’intérêt puisque nous avons gagné la finale. J’aimerais rester en Amérique du Nord, me rapprocher de la maison. J’ai eu beaucoup de plaisir cette année, mais c’était difficile d’être loin de tout le monde. »

« Il faut toujours s’adapter dans ce monde-là, ajoute Ouimette. Retourner sur la côte est ne ferait pas de tort. C’est une décision que je prendrai avec mon épouse et mon agent. Le but, dans la vie, c’est d’être heureux. »

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