Retour

Même si les défaites s'accumulent, le CH n'est pas inquiet pour Carey Price

Carey Price tenait mordicus à revenir au jeu avant la fin de la saison pour balayer les mauvais songes liés à cette campagne cauchemardesque. Il lui reste encore un peu de temps, mais parions qu'il ne s'est pas encore rassuré.

Un texte d’Alexandre Gascon

En deux petits matchs, Price s’est fait déjouer 11 fois sur 69 tirs, ce qui lui confère une efficacité de 84,05 %. Il n’a remporté qu’un seul de ses 11 derniers départs, une victoire acquise contre les Sénateurs d’Ottawa le 4 février au Centre Bell.

Chaque fois que le CH semble toucher le fond du baril, une nouvelle tuile lui tombe sur la tête pour l’enfoncer encore un peu plus profondément.

Samedi, le gardien a volé la vedette pendant les neuf premières minutes du match contre les Capitals.

Il a d’abord semblé laisser Alexander Ovechkin attaquer la partie supérieure du filet dans une descente à deux contre un avant de relever l’épaule à la dernière seconde. Il s’est fendu d’un magnifique vol à la tire de la mitaine devant le jeune Jakub Vrana, avant de faire de même face à T.J. Oshie qui visait le même coin, visiblement têtu.

Mais les Capitals sont indociles. Evgeny Kuznetsov et Tom Wilson ont insisté sur la mitaine de Price qui a finalement cédé deux fois de suite. Wilson a ajouté un troisième filet en l’espace de sept minutes au premier vingt et le sort en était jeté.

« On a eu un bon départ, mais ils ont eu une excellente deuxième moitié de première période », a raconté Price, peu disert.

« Je ne suis pas trop inquiet par les statistiques pour le moment […] je me concentre sur le prochain lancer. Donner six buts n’est pas amusant évidemment, mais je me concentre sur le processus », a-t-il ajouté. Voilà à peu près tout ce que l’on en a tiré.

Le gardien n’est certainement pas le seul responsable de ce revers sans appel à domicile.

Sur le 3e but des Caps, Jonathan Drouin, Mike Reilly et Jeff Petry ont décidé, de concert, de se laisser glisser vers le bord de la bande, tandis que Galchenyuk, esseulé et apeuré, reculait constamment, ce qui a mené à un superbe jeu de passes entre Wilson, Nicklas Backstrom et Andre Burakovsky.

De façon générale, le CH a accordé énormément de chances de grande qualité en provenance de l’enclave, ce que n’a pas cherché à cacher Claude Julien.

« C’est un des aspects du jeu qui nous fait le plus de dommages. On a beaucoup de nouveaux défenseurs que ce soit les Reilly, Lernout. Même à l’attaque, on travaille avec un gars comme Scherbak qui a encore de la difficulté. Galchenyuk ce soir, même chose. Ce sont des situations où on doit s’améliorer. Un manque d’expérience. En première moitié de saison on en donnait pas autant parce qu’on avait les joueurs qui étaient à leur place. Depuis quelques semaines, on donne beaucoup, beaucoup trop de chances dans l’enclave », a expliqué Julien.

L’entraîneur s’est aussi lancé dans une longue diatribe sur le paradoxe de la LNH qui souhaite plus de buts, mais maintient les contestations de hors-jeu. Visiblement une tentative de diversion, sachant très bien que le rendement de Price serait scruté à la loupe.

« Ça n’a pas été une grosse soirée de gardiens ce soir, a-t-il fini par admettre. L’autre gardien [Philipp Grubauer] qui est censé être très bon pour eux dernièrement, a donné 4 buts. On connaît Carey, il n’a pas eu la meilleure saison, mais on sait qu’il est un bon gardien et qu’il va être capable de rebondir et de nous donner le genre de hockey qu’on veut. »

Autant lors de son retour au jeu contre les Penguins de Pittsburgh que pendant ce duel contre les Capitals, Price a été bombardé de l’enclave. Mais de façon générale depuis le début de l’année, lorsqu’il est devant le filet, le Tricolore accorde moins de tirs dans cette zone privilégiée que la moyenne des formations de la ligue.

Voyez plutôt. Curieux quand même.

Les énigmatiques blessures à la tête

La commotion cérébrale qu’a subie le gardien vedette à Philadelphie a de quoi inquiéter ses patrons.

Les effets néfastes à long terme sur la santé des joueurs sont de plus en plus documentés, mais, cette semaine, le collègue Martin Leclerc a braqué les projecteurs sur une étude franchement préoccupante qui tend à démontrer que les blessures à la tête peuvent avoir des conséquences irrémédiables sur la carrière d’un joueur à très court terme.

Les gardiens ayant été aux prises avec ce type de blessures ont remporté en moyenne 8,4 victoires de moins au cours des saisons suivantes qu’ils ont disputées.Voilà pourquoi on peut penser qu’au-delà du « je suis bien plus confiant qu’inquiet (dans le cas de Carey Price) » de circonstance lancé par Julien, un doute croît peut-être. Peut-être pas.

En tous les cas, tout le Centre Bell a retenu son souffle lorsque Lars Eller a atteint Price à la tête avec un tir des poignets.

« Ça a frappé ma cage, probablement au meilleur endroit, celui qui absorbe le plus d’énergie », a expliqué Price.

Plus d'articles