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Menacé de poursuite pour avoir critiqué l'école de son fils sur Facebook

Un père de famille de L'Assomption a été menacé de poursuite par la direction de l'école Gareau après avoir critiqué l'école que fréquente son fils sur une page Facebook.

Dans un message publié le 31 août dernier, Steve Quinn s'en est pris à la décision de l'école d'imposer des retenues aux élèves qui arrivent en retard.

« Totalement en désaccord avec cette maudite école. Ça paraît que ce n'est plus la même direction qui est là », écrivait-il. « Il sort d'où ce nouveau directeur-là et que dire du directeur du service de garde qui est bête comme ses pieds ».

Deux jours plus tard, Steve Quinn a reçu une mise en demeure du directeur de l'école, Francis Drouin, rédigée sur une feuille arborant le logo officiel de la Commission scolaire des Affluents. 

« La direction ne peut tolérer des commentaires injurieux et diffamatoires envers elle ou envers les membres de son personnel », pouvait-on y lire. « Il existe une façon de faire officielle lorsqu'un parent désire porter plainte, soit de s'adresser dans un premier temps à la personne directement concernée par le litige. »

« Si la discussion n'est pas concluante, vous devez vous adresser à la direction de l'école, qui validera ensuite les informations. »

Francis Drouin ajoute que les propos de M. Quinn « pourraient faire l'objet d'une plainte au civil » et lui demande de « retirer immédiatement ce commentaire. »

Il précise ensuite que la politique concernant les retards a en fait été adoptée par la direction en place l'an dernier, qu'elle a été entérinée par le conseil d'établissement, et que la présente équipe l'appuie.

M. Quinn a retiré son commentaire, comme le lui demandait le directeur de l'école. « Je l'ai enlevé par peur », a-t-il admis à Radio-Canada.

Le porte-parole de la Commission scolaire des Affluents, Éric Ladouceur, maintient que les commentaires de M. Quinn étaient irrespectueux, mais convient qu'ils n'étaient peut-être pas diffamatoires.

« Est-ce que le mot mise en demeure était trop fort? Est-ce que le terme était mal choisi? On peut en convenir », affirme-t-il. « Mais essentiellement, le message que voulait transmettre la direction, c'est de dire aux parents : si vous avez des choses à nous reprocher, des questions, des commentaires, on est ouverts. »

La présidente du comité de parents qui a adopté à l'unanimité la politique de retenue s'explique mal la tournure de cette histoire, partagée des centaines de fois sur réseaux sociaux.

Selon Ariane Venne-Hébert, la liberté d'expression demeure un droit, mais les propos tenus sur les réseaux sociaux ne mènent pas à une communication constructive.
« On utilise mal les réseaux sociaux, la communication est brisée avec ça », déplore-t-elle.

La direction de l'école Gareau n'a pas voulu commenter.

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