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Menacée d'expulsion, la Guatémaltèque Lucy Granados subit un autre revers

L'Agence des services frontaliers du Canada (ASFC) a rejeté lundi une demande de sursis administratif déposée par Lucy Francineth Granados, qui aurait souhaité rester au pays le temps que sa demande de résidence permanente soit étudiée. La Guatémaltèque, mère de trois enfants, doit théoriquement être expulsée du pays vendredi.

Il s'agit d'un autre revers pour Mme Granados. Le 28 mars dernier, la Commission de l'immigration et du statut de réfugié (CISR) avait rejeté une demande de révision de détention en attendant son expulsion prochaine, et ce, même si la présidente de la Fédération des femmes du Québec, Gabrielle Bouchard, s'était portée garante de la femme.

En guise de dernier recours, son avocat, Stewart Istvanffy, a déposé lundi en Cour fédérale une demande de révision judiciaire pour obtenir une ordonnance de mandamus, un recours juridique extraordinaire qui aurait pour effet de forcer le gouvernement à rendre une décision sur la demande de résidence permanente pour motifs d'ordre humanitaire de Mme Granados.

« C'est notre dernière chance si le ministre ne répond pas », a indiqué la militante Mary Foster, de Solidarité sans frontières. L'organisme milite activement depuis quelques semaines pour éviter l'expulsion de Lucy Granados et demande au ministre fédéral de l'Immigration, Ahmed Hussen, de permettre à la résidente sans-papiers de Montréal de rester au Canada, au moins le temps que sa demande de résidence permanente soit étudiée.

Solidarité sans frontières organise une nouvelle manifestation mardi soir, dans le quartier Villeray, où réside Mme Granados. Une première manifestation s'était déroulée sans heurts le 28 mars devant les bureaux montréalais de la CISR, au centre-ville.

L'organisme affirme que la mère monoparentale a été violentée lors de son arrestation, le 20 mars dernier, et qu'elle a subi des blessures à un bras et à la gorge. Solidarité sans frontières a d'ailleurs porté plainte à la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse pour dénoncer le comportement de l'ASFC, que l'organisme juge abusif.

L'ASFC a indiqué de son côté que sa version des faits ne « correspondait pas » à celle de Solidarité sans frontières. « Les agents sont responsables d'agir en tout temps d'une manière professionnelle et conforme au code de valeurs et d'éthique du secteur public et au code de conduite de l'ASFC », a-t-elle fait valoir dans un courriel transmis à La Presse canadienne.

Mme Granados devait être expulsée le 27 mars dernier, mais l'opération a été repoussée après qu'elle a subi un malaise lors de son transfert entre le Centre de surveillance de l'immigration, à Laval, et les bureaux montréalais de l’ASFC. La femme de 42 ans a réintégré sa cellule après un bref séjour à l'hôpital.

Trahie par ses démarches légales

Pour rester au Canada, Lucy Francineth Granados plaide qu'elle agit comme seul soutien financier pour sa mère et ses enfants, qui vivent toujours au Guatemala.

La quadragénaire a dû quitter son pays d'origine après avoir été menacée par les maras, un gang criminel. Son mari étant décédé, elle a voyagé seule à travers le Mexique pour arriver aux États-Unis, puis au Canada, en 2009.

Sa demande d'asile ayant été rejetée par la CISR en 2012, Mme Granados a décidé de demeurer au pays, malgré un ordre d'expulsion qui la condamnait à la clandestinité.

En septembre, la Guatémalthèque a cherché à régulariser son statut en faisant une demande de résidence permanente pour des motifs humanitaires.

Selon des proches, c’est en raison de cette demande de résidence permanente que l’ASFC se serait intéressée à elle. Cette demande suit d'ailleurs son cours, malgré l'expulsion imminente de Mme Granados.

La mairesse interpellée

Par ailleurs, le Collectif des femmes sans statut de Montréal s'est rendu à l'hôtel de ville, lundi après-midi, pour livrer une lettre à l'attention de la mairesse Valérie Plante afin qu'elle accorde son soutien à Lucy Francineth Granados.

« Nous voulons votre soutien politique pour Lucy pour arrêter son [expulsion] », réclame le Collectif dans sa missive.

Le groupe décrit Mme Granados comme une « travailleuse [...] digne de confiance », qui fait preuve d'un « grand courage » dans cette situation difficile.

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