Retour

Menacés d'expulsion, des groupes communautaires interpellent la CSDM

Des membres de groupes communautaires se sont présentés, mercredi soir, devant le conseil de la Commission scolaire de Montréal (CSDM). Dans une déclaration signée par 28 organismes et lue devant les membres du conseil, ils déplorent la situation dans laquelle se trouve une soixantaine d'entre eux qui sont menacés d'être expulsés de ses locaux d'ici 2020.

La CSDM, qui doit composer avec une augmentation de la population scolaire, cherche de la place pour ses élèves. C'est pourquoi elle envisage de récupérer 13 bâtiments qu'elle loue ou prête à des organismes communautaires, à des CPE ou à des entreprises privées. Dans le moment, la CSDM se dit incapable de déterminer combien d'organismes pourraient touchés par des reprises de locaux.

Plusieurs organismes communautaires sont sans directive claire depuis cinq ans et leurs employés commencent à s’inquiéter, car le flou entourant leur avenir pourrait durer plusieurs années encore. C'est pourquoi ils demandent à la CSDM d'être plus claire sur ses intentions, comme l'explique Marie-Andrée Painchaud-Mathieu, coordonnatrice adjointe au Carrefour d’éducation populaire de Pointe-Saint-Charles.

« Dans certains cas, on veut reprendre les bâtiments parce qu’il y a des besoins scolaires, dans d’autres cas, c’est parce que certains des bâtiments sont trop vieux et nécessitent beaucoup d’entretien et qu’il y a des rénovations à faire. Mais dans plusieurs des cas en fait, on ne connait pas les raisons pour lesquelles les groupes sont menacés d’expulsion […] ce qu’on demande à la commission scolaire, c’est plus de transparence », explique-t-elle.

Plusieurs organismes communautaires doutent de trouver des locaux aussi abordables que ceux de la CSDM s'ils sont expulsés. Cela pourrait les obliger à réduire leur offre de services ou à sabrer dans leur personnel, mettant ainsi en péril leurs activités et affectant leurs bénéficiaires, qui comptent souvent parmi les personnes les plus vulnérables de la société.

« Les groupes communautaires sont hébergés par la commission scolaire à très faible coût. On parle de 3 à 9 $ du pied carré […] si les groupes doivent se reloger sur le marché privé de l’habitation, là on parle de 18 à 22 $ du pied carré, dépendamment des quartiers. Ce sont des frais qui ne sont pas couverts par les subventions fournies par Centraide ou encore le gouvernement », rappelle Mme Painchaud-Mathieu.

« Il y a beaucoup de groupes qui sont inquiets. Il y a beaucoup de groupes qui sont déçus de la façon dont ça se passe avec la CSDM », ajoute-t-elle.

Les groupes ont l'impression de ne pas être respectés comme partenaires.

Marie-Andrée Painchaud-Mathieu, coordonnatrice adjointe au Carrefour d’éducation populaire de Pointe-Saint-Charles

Simon Ambeault, qui agit à titre de directeur général du Carrefour Saint-Michel, lance quant à lui un appel à l'ensemble des acteurs du dossier. « On réclame une collaboration saine avec la commission scolaire, qu’on cherche des solutions ensemble et une collaboration également pour amener l’arrondissement, la commission scolaire, nos élus vers un projet durable ».

Une situation complexe

La présidente de la CSDM, Catherine Harel-Bourdon, explique pour sa part que la commission scolaire a besoin de plus de temps pour évaluer la situation. Tout en reconnaissant la valeur de la mission des organismes hébergés dans divers locaux de la CSDM, Mme Bourdon rappelle qu'elle ne peut pas faire fi des besoins croissants de la clientèle.

« La raison pour laquelle on ne peut pas être affirmatif dès le départ, c'est qu'il y a une fluctuation du nombre d'élèves. Et il y a la question aussi de l'aménagement des lieux. Est-ce qu'on est capable d'aménager le lieu à des montants raisonnables? », se demande-t-elle.

On est dans une situation très complexe, avec l’augmentation du nombre d’élèves. On ne peut pas continuer à laisser les enfants manger dans leur classe parce qu’ils n’ont plus de locaux de service de garde…et ne pas leur offrir de bibliothèque ou de locaux de spécialistes.

CatherineHarel-Bourdon, présidente de la CSDM

Pour l’instant, la CSDM évalue encore ses besoins pour la rentrée 2017. La décision d’expulser ou non ses locataires sera rendue en décembre.

Avec les informations de Vincent Rességuier et d'Olivier Bachand

Plus d'articles