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Meurtre de Paméla Jean : « Je dois payer pour cela », dit son ex-conjoint

Juan Fermin Palma a exprimé des remords qui n'ont pas semblé émouvoir la famille de Paméla Jean, sa conjointe de 27 ans qu'il a assassinée il y a quatre ans. La Couronne réclame qu'il demeure derrière les barreaux pour au moins 15 à 17 ans, alors que la défense plaide pour qu'il soit admissible à une libération conditionnelle au bout de 12 ans d'emprisonnement.

Un texte de Geneviève Garon

Vêtu d'un complet cravate noire, les cheveux soigneusement lissés, Juan Fermin Palma s'est levé dans le box des accusés et a fait face à son ancienne belle-famille. « Votre fille, je l'ai toujours aimée et je l'aimerai toujours. »

Peinant à retenir ses larmes, l'homme de 36 ans a présenté ses excuses aux parents de Paméla Jean et à sa soeur. Il s'est aussi adressé directement au fils qu'il a eu avec la victime, il y a 14 ans.

Je demande pardon à mon fils. Dans la vie, on commet des erreurs qu'on ne veut pas faire. [...] Les maudites drogues m'ont aveuglé.

Juan Fermin Palma

Le père de Paméla Jean et son gendre ont préféré sortir de la salle d'audience pour ne pas entendre ses explications.

Le 7 décembre dernier, un jury a déclaré Juan Palma coupable du meurtre non prémédité de sa conjointe Paméla Jean, survenu en décembre 2012.

La mère de 27 ans est morte asphyxiée et son corps a été retrouvé dans la penderie de Juan Palma, à Montréal-Nord. Il a toujours affirmé avoir été fortement intoxiqué par la cocaïne et le crack, le soir du meurtre.

Juan Palma a automatiquement écopé de l'emprisonnement à perpétuité. Le juge Eric Downs doit maintenant déterminer après combien d'années d'incarcération il pourra être admissible à une libération conditionnelle, soit entre 10 et 25 ans.

« Je paye le prix, je dois payer pour cela », a affirmé Juan Palma.

« Une partie de nous est morte »

La sœur aînée de Paméla Jean, Sonia, a lu avec beaucoup d'émotion une lettre qu'elle avait écrite pour parler des conséquences dévastatrices du meurtre sur sa famille.

Une partie de nous est morte, on ne vit plus. Nous essayons de survivre, de garder le contrôle et de garder la tête hors de l'eau pour ceux qui sont en arrière de nous, pour qui elle aussi se serait battue, car elle n'aurait jamais abandonné. C'était une battante pour avoir enduré tout ça, mais ça lui a coûté la vie.

La sœur aînée de Paméla Jean, Sonia

Le fils de Paméla Jean et Juan Palma a aussi écrit une lettre qui a été lue par la procureure de la Couronne, Catherine Perreault. Le garçon avait 10 ans lorsque sa mère a été tuée par son père et il ne pourra « jamais lui pardonner », écrit-il. L'adolescent se sent coupable de ne pas avoir su protéger sa mère. « Je me dis chaque jour : "si j'avais été là, si j'avais pu comprendre avant." »

La Couronne veut dénoncer la violence conjugale

Le ministère public demande au tribunal d'envoyer un message fort de dissuasion face à ce drame conjugal.

Catherine Perreault insiste que Juan Palma a tenté de dissimuler le corps de la victime et qu'il a mis « la police sur une fausse piste ».

Elle lui reproche aussi d'avoir tenté de « blâmer la victime et sa consommation, plutôt que ses gestes personnels ».

Elle demande au juge de lui imposer 15 à 17 ans d'emprisonnement avant d'être admissible à une libération conditionnelle.

La défense souhaite une peine plus clémente

De sont côté, l'avocat de Juan Palma, James Dawson, affirme que pour imposer une période d'inadmissibilité à la libération conditionnelle de plus de 15 ans, il faut que le « pronostic de dangerosité soit convaincant ». Or, ce n'est pas le cas, selon lui.

Il rappelle que Juan Palma a fini par collaborer avec les policiers après que le corps de son ex-conjointe eut été retrouvé, au début de l'année 2013.

Il souligne que son client était intoxiqué lorsqu'il est passé à l'acte et qu'il a participé à de nombreux programmes de réhabilitation derrière les barreaux.

L'avocat a aussi noté la présence de la mère, du beau-père, du frère et de la soeur de Juan Palma dans la salle d'audience.

Il demande au juge de permettre à son client d'être admissible à une libération conditionnelle après 12 ans d'incarcération.

Le juge Eric Downs rendra sa décision le 16 février.

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