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Meurtre de Paméla Jean : la famille dénonce la lenteur du système judiciaire

Après moins de deux jours de délibérations, le jury a rendu son verdict au procès de Juan Palma : l'homme de 36 ans est coupable du meurtre non prémédité de sa conjointe Paméla Jean. Les procédures judiciaires ont duré quatre ans et la famille de la victime dénonce la lenteur du système.

La soeur de Paméla Jean, Sonia, serrait la main de son neveu lorsque le jury a rendu son verdict. Elle a poussé un profond soupir et s'est caché le visage dans la main. À côté d'elle, son neveu, le fils de Paméla Jean et de Juan Palma a baissé la tête. Son père écope de l'emprisonnement à perpétuité pour le meurtre non prémédité de sa mère, survenu en décembre 2012.

Sonia Jean n'a pas manqué une seule journée du procès. Pendant un mois, elle a observé son ancien beau-frère, dans le box des accusés.

À la sortie de la salle d'audience, elle a serré dans ses bras les autres membres de sa famille, soulagés que le jury ait rejeté le verdict d'homicide involontaire plaidé par la défense.

On aurait aimé le meurtre au premier degré, on s'en tire avec le meurtre au deuxième degré. C'est la prison à vie pareille. Pour nous, il ne paiera jamais assez. Parce que nous la chance de prendre ma soeur dans les bras, la mère, la fille... On ne pourra plus jamais la prendre dans nos bras, lui dire je t'aime encore. C'est ça qui va nous manquer, sa personne.

Sonia Jean, soeur de la victime

À l'heure où les délais judiciaires sont sur toutes les lèvres, Sonia Jean déplore avoir dû attendre presque quatre ans depuis l'arrestation de Juan Palma avant d'obtenir justice.

L'accusé lui-même a d'ailleurs fait une requête en arrêt des procédures en invoquant les délais déraisonnables.

Les familles sont souvent laissées à l'oubli. À quelque part, ça fait quatre ans qu'on attend nous. [...] En plus ils ont essayé l'arrêt Jordan. Nous là-dedans, les familles, c'est long. C'est extrêmement long ce délai-là.

Sonia Jean

Juan Palma évite le pire

L'avocat de Juan Palma est soulagé que son client ait été épargné du chef d'accusation le plus grave du Code criminel, soit le meurtre prémédité. « Pour lui, émotionnellement, c'est difficile. C'est quand même une sentence à vie », explique James Dawson.

La procureure de la Couronne estime qu'il s'agit « d'un bon verdict ».

Il y a 12 jurés qui ont écouté la preuve, qui l'ont analysée, qui sont arrivés à la conclusion qu’effectivement, monsieur avait commis ces gestes-là, qu'il l'avait fait de manière intentionnelle. Ils ont rejeté la défense qui était une défense d'intoxication. Ils n'ont pas retenu les éléments de préméditation.

Catherine Perreault, procureure de la Couronne

Les avocats seront de retour en cour le 10 février pour les observations sur la peine. Juan Palma a écopé de l'emprisonnement à perpétuité, mais il faut déterminer quand il sera admissible à une libération conditionnelle. La période doit varier entre 10 et 25 ans.

James Dawson a l'intention de plaider pour une période de 10 à 15 ans. Il affirme que son client a beaucoup cheminé depuis son arrestation en janvier 2013.

L'intoxication entre en ligne de compte. Sa famille va venir témoigner possiblement, je l'ignore encore. Ce que vous n'avez pas entendu à la cour, c'est qu'il était un autre être humain avant de se rendre à la cour ici.

James Dawson, avocat de Juan Palma

Le Ministère public veut consulter la jurisprudence avant de prendre position.

Le juge Éric Downs a demandé aux jurés s'ils avaient des recommandations. Deux d'entre eux ont suggéré 10 ans, trois proposaient 15 ans, et deux autres ont recommandé 20 et 25 ans.

« On ne saura jamais ce qui est arrivé »

Juan Palma n'a pas témoigné à son procès.

Dans une reconstitution filmée par les enquêteurs, il a raconté que la nuit du 29 au 30 décembre 2012, Paméla Jean l'a attaqué avec des ciseaux. En tentant de la maîtriser, il lui aurait mis un coussin sur la bouche et l'aurait étouffée, par accident. Il avait caché le corps dans une penderie. L'accusé affirmait avoir été lourdement intoxiqué à l'alcool et à la drogue et il plaidait l'homicide involontaire.

Cette théorie était invraisemblable, selon la Couronne. L'autopsie a révélé que la base du cou de la victime était brisée et le ministère public était d'avis que Juan Palma avait étranglé la femme de 27 ans parce qu'elle voulait le quitter. Aucune empreinte digitale ou trace d'ADN de la victime n'a été retrouvée sur les ciseaux.

Les photos du cadavre, les vidéos du couple, les témoignages... le procès a été pénible pour la famille. « Mais pour moi, c'était essentiel », conclut Sonia Jean, qui craint de ne jamais connaître toute la vérité sur les circonstances de la mort de sa soeur.

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