Sur papier, Michael McCarron est un joueur intéressant. Gabarit de 2,01 m (6 pi 6 po) et 104,3 kg (230 lb) avec une touche de robustesse, des habiletés respectables avec la rondelle et un taux de réussite de 47,8 % au cercle des mises au jeu dans sa carrière dans la LNH, dont 53,3 % durant la présente campagne.

McCarron a des statistiques nettement meilleures que celles de Brian Boyle, qu'on aimerait qu’il devienne. En comparaison, à ses trois premières saisons dans le circuit Bettman, ce dernier n’a affiché qu’un maigre taux d’efficacité de 43,4 % en pareille situation.

Pourtant, ce sont deux joueurs semblables et l’un d’eux connaît une belle carrière. Quant à l’autre, il est en train de se sortir de la LNH sans l’aide de personne.

On dit que le passé est toujours garant de l’avenir. Alors, regardons le passé de ses deux joueurs et analysons le tout.

Ils sont tous les deux Américains avec sensiblement le même bagage de développement et la même mentalité.

McCarron est résident du Michigan, alors que Boyle vient du Massachusetts. Boyle a passé par la Saint Sebastian's School, une « prep school », tandis que McCarron a été développé par le prestigieux programme américain USNTDP [l’équipe nationale de développement des États-Unis, NDLR] des moins de 17 ans et des moins de 18 ans à Ann Harbour.

Le plus grand pourcentage des jeunes joueurs talentueux passant par ces deux programmes de hockey opte pour le circuit de la NCAA.

Cette mentalité est profondément ancrée dans leurs mœurs depuis des générations. Le sport, quelle que soit la discipline, passe par le réseau scolaire.

Jusqu’ici, tout va bien pour ces deux géants joueurs de centre. Le numéro 11 des Devils du New Jersey a poursuivi son parcours pendant quatre ans avec la prestigieuse université Boston College.

Les Terriers comptent 5 Championnats de la NCAA et 22 présences au Frozen Four (les 4 équipes qui atteignent les demi-finales) depuis le début de leur histoire en 1917.

Notre grand Michael était pour sa part également censé suivre ce chemin. En 2011, il s’engage à jouer avec l'Université d'État de Michigan. Les Spartans ont remporté 3 championnats de la NCAA et ont 11 participations au Frozen Four depuis leur première saison en 1922.

McCarron a surpris tout le monde en novembre 2012 en décidant de briser son alliance avec Michigan State pour s’engager de nouveau dans un programme moins prestigieux au Western Michigan à Kalamazoo.

Les Broncos n’ont pas gagné de Championnat de la NCAA et n’ont aucune participation au Frozen Four depuis leur début en 1973.

Alors qu’il était classé au 35e rang en Amérique du Nord par la centrale de recrutement de la LNH pour le repêchage de 2013, il a été sélectionné au 25e échelon par le Canadien.

Quelques semaines plus tard, il décide d'accepter l’offre de contrat du CH. Un contrat d’entrée de trois ans à deux volets d’une valeur de 925 000 $ US par année qui inclut des bonis à la signature de 92 500 $ et de 70 000 $ dans les rangs mineurs. De plus, il a la possibilité d’obtenir 212 500 $ en bonis de performance.

Vous ne serez sûrement pas surpris si je vous dis qu’il décide maintenant de renier Western Michigan pour se joindre aux Knights de London qui ont acquis ses droits dans un échange en 2012 après avoir été repêché au 107e rang en 2011 par les Bulls de Belleville.

Vous avez maintenant une image claire de la situation. Le Tricolore récolte aujourd’hui le fruit des mauvaises décisions prises il y a plus de cinq ans.

J’aimerais savoir qui dans l’organisation montréalaise a eu la brillante idée de convaincre Michael McCarron de quitter le programme universitaire. D’ores et déjà, ils savaient que les grands et gros bonshommes prennent plus de temps à se développer et que son coup de patin était loin d’être à la hauteur.

La patience a fonctionné pour Brian Boyle et grand nombre de joueurs. Alors, pourquoi n’est-ce pas bon pour McCarron?

Où étaient les parents et l’agent dans un tel cas? Pourquoi le CH n’a-t-il pas été visionnaire comme l’ont été les Kings de Los Angeles qui ont repêché le grand Boyle au 26e rang au premier tour en 2003, avant le lock-out de 2005 où la réglementation favorisait les gros et grands moins rapides avec l’accrochage à outrance?

Le ratio entraînement et match de la NCAA est plus favorable au développement qui aide le joueur à se familiariser avec sa grande charpente. Les quatre années de ce programme ont été bonnes pour un, mais quelqu’un en a décidé autrement pour l’autre.

Louis Leblanc et Michael McCarron, même combat!

Albert Einstein a déjà dit : « La définition de la folie est de refaire la même chose et de s’attendre à un résultat différent. »

Si c’est un Mario Lemieux, je peux comprendre, mais ce n’était certainement pas le cas ici.

En conclusion, à ceux qui veulent bien l’entendre, je crois que dans le sport professionnel nous n’engageons pas un athlète, mais bien un être humain avant tout!

Avec les décisions prises par McCarron et par son entourage, dès son adolescence, le Canadien a engagé un jeune homme incapable de respecter ses engagements telle une girouette.

Geoff Molson a dit récemment qu’il y aurait du changement pour la saison prochaine. Geoff, commence donc par celui qui bousille le talent et l'avenir de tes jeunes espoirs. McCarron, Tinordi et Leblanc en avaient à revendre!

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