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Mobilisation contre un projet immobilier dans Ville-Marie

Des citoyens se mobilisent contre un projet immobilier dans l'arrondissement de Ville-Marie. Le promoteur Immo Première veut détruire et reconstruire en partie des bâtiments datant de 1892, sur la rue De Lorimier. Le projet prévoit que les édifices de quatre étages laissent place à un immeuble de huit étages comprenant 63 appartements.

Un texte de Vincent Resseguier

Le mouvement de contestation a pris de l'ampleur dans les derniers jours. L'arrondissement a reçu plusieurs lettres de citoyens inquiets et il a été décidé de reporter l'examen du dossier par le comité de démolition de l'arrondissement, prévu le 3 février.

Le voisinage conteste en particulier la hauteur du bâtiment. Le plan d'urbanisme autorise pourtant depuis quelques années les constructions de 25 mètres de hauteur dans ce secteur.

Un des organisateurs de la contestation, Nicolas Fournier, estime que le nouvel édifice « sera de deux à trois fois plus haut que l'ensemble des bâtiments du coin ». Il soutient que « pour les gens du quartier cela signifie une nuisance visuelle ». À ce propos, plusieurs s'inquiètent d'une baisse du prix de leur logement, surtout pour ceux qui possèdent des terrasses avec une vue sur le pont Jacques-Cartier.

L'édifice actuel compte une quinzaine d'appartements dont la plupart ne sont pas occupés. Le projet de 63 appartements fera augmenter la population dans ce secteur relativement isolé par les obstacles que sont l'avenue de Lorimier et le quartier général de la Sûreté du Québec. Nicolas Fournier constate déjà des difficultés pour trouver un stationnement et il redoute que ce soit encore plus compliqué à l'avenir.

Inspiration victorienne

Le bâtiment n'a pas de statut patrimonial, mais le promoteur a proposé de démonter la façade et de la réintégrer dans le nouvel édifice. Le directeur des politiques d'Héritage Montréal, Dinu Bumbaru, n'est pas convaincu par cette opération. Il se réjouit de voir que l'arrondissement a suspendu l'étude de démolition et espère que le « dossier évoluera vers une mise en valeur du patrimoine ». Il souligne que cet édifice d'inspiration victorienne est un « élément typique de ce qui donne de l'identité aux rues montréalaises ».

De son côté, la conseillère de la Ville du district de Sainte-Marie, Valérie Plante, accueille favorablement la mobilisation citoyenne, preuve, selon elle, que « les citoyens sont préoccupés par leur quartier ». Elle considère que le projet doit être amélioré et espère que le promoteur prendra en considération certains éléments patrimoniaux comme « les escaliers extérieurs qui représentent une marque de commerce de Montréal ».

Jusqu'ici, le propriétaire et promoteur Immo Première demeure discret face à la contestation et n'a pas répondu aux demandes d'entrevues de Radio-Canada.

Plusieurs locataires nous ont confié avoir négocié une indemnité de départ et qu'ils doivent quitter les lieux avant le 1er avril. Ils ont constaté un entretien limité de la part du propriétaire dans les dernières années ainsi que des problèmes d'infiltration d'eau et la présence de rongeurs.

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