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Mobilisation pour préserver l'église historique de Saint-Eustache

Le diocèse de Saint-Jérôme entend se départir prochainement de plusieurs de ses 58 églises et des citoyens se mobilisent pour éviter que celle de Saint-Eustache soit du lot. Au coeur d'une importante bataille entre Anglais et patriotes, au 19e siècle, elle a à leurs yeux une valeur inestimable.

Construite en 1783, l'église de Saint-Eustache a été classée immeuble patrimonial par Québec en 1970 et désignée lieu historique national par Ottawa en 2014.

Le 14 décembre 1837, lors de la rébellion, des patriotes dirigés par le docteur Jean-Olivier Chénier s'y étaient réfugiés, tenant les Anglais en haleine toute la journée avant d'être tués.

« Les Anglais étaient positionnés dans la rue Saint-Eustache, dans le petit tournant, et ont bombardé l'église. En fait, les patriotes ont duré du matin jusqu'à 4 h de l'après-midi dans l'église », relate Zachary Ouimet, un jeune bénévole de la Société de généalogie et d'histoire de Saint-Eustache.

Au début du mois, l’adolescent âgé de 14 ans a lancé une pétition, qui compte maintenant plus de 2500 signatures, réclamant que le bâtiment demeure ouvert.

Zachary Ouimet craint que cette église fasse partie de celles que le diocèse de Saint-Jérôme fermera. Il en publiera la liste en juin. Bon nombre d’églises, loin d’être fréquentées comme autrefois, ont besoin de travaux d’entretien et de rénovation et sont devenues un fardeau trop lourd à supporter.

Cette réalité touche l'ensemble du Québec. Au cours des 15 dernières années, plus de 400 églises catholiques ont été vendues, transformées ou même démolies. Il y en a 1615 qui sont toujours en activité.

La coordonnatrice de la paroisse Saint-Eustache, Nycole Pepper, pense que l'église échappera à une fermeture, grâce à des finances stables et à sa valeur historique. « Les gens viennent de l'extérieur pour venir dans l'église de Saint-Eustache parce qu'on en connaît l'histoire, parce qu'on la trouve belle, fait-elle valoir. Alors, ça ferait très mal au coeur. »

L'église peut aussi compter sur une fondation qui amasse des sous pour l’entretenir.

« On a des projets de restauration importants pour ce site-là et, croyez-moi, je peux vous en passer un papier, ce site-là ne fermera pas », assure le vice-président de cette fondation, André Turmel.

Avec les informations d’Olivier Bachand

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