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Moins de pistolets à décharge électrique au SPVM qu'ailleurs au pays

Le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) possède beaucoup moins de pistolets à décharge électrique comparativement aux autres corps policiers des grandes villes du pays, une arme intermédiaire dont l'utilisation suscite la controverse.

Un texte d'Olivier Bachand

Le débat fait rage chaque fois qu'il est utilisé - ou pas - lors d'une intervention policière. Pour les uns, le pistolet à décharge électrique peut sauver des vies. Pour les autres, c'est une arme qu'il ne faut pas mettre entre les mains des policiers, par crainte qu'ils s'en servent sans discernement.

Quoi qu'il en soit, une compilation de données fournies par les forces policières des plus grandes villes du pays montre que le SPVM en possède beaucoup moins que les autres corps de police.

Alors que la police de Toronto en possède près de 600 et celle d'Ottawa près de 400, le SPVM n'en a que 75. De ce nombre, 33 sont réellement utilisés sur le terrain et 42 sont gardés en réserve.

Le SPVM n'a pas été en mesure de nous accorder une entrevue pour expliquer ce qui est à la source de cette grande disparité.

Pour consulter ce graphique à l'aide d'un appareil mobile, cliquez ici.

Selon des données disponibles dans l'étude des crédits budgétaires 2014-2015 du gouvernement du Québec, neuf services de police de la province possédaient des pistolets à décharge électrique en 2013, excluant les corps policiers autochtones.

Ils se partageaient un total de 134 pistolets Taser, contre 101 en 2009.

Le nombre d'interventions au cours desquelles des pistolets à décharge électrique ont été utilisés par ces neuf services de police est quant à lui passé de 28 en 2009 à 99 en 2013.

Affaire Sammy Yatim

En Ontario, le Service de police de Toronto a mandaté un juge à la retraite pour mener une enquête indépendante sur l'usage de la force de la part des policiers lors d'interventions avec des gens en crise après la mort de Sammy Yatim, survenue en juillet 2013.

Le jeune homme de 18 ans, qui brandissait un couteau à bord d'un tramway, a été abattu de neuf balles par l'agent James Forcillo, qui a depuis été reconnu coupable de tentative de meurtre dans cette affaire.

Le rapport publié en 2014 par Franck Iacobucci contenait une série de recommandations pour éviter que de tels drames ne se reproduisent. Parmi celles-ci : équiper davantage de policiers de pistolets à décharge électrique.

L'ancien chef de police Bill Blair avait par la suite réclamé que ses agents aient accès à un plus grand nombre de pistolets à impulsion électrique, mais sa demande avait toutefois été rejetée à l'unanimité par la Commission de police de Toronto.

Elle avait jugé que les policiers ont besoin de davantage de formation pour intervenir auprès de gens aux prises avec des problèmes de santé mentale, pas de plus de pistolets Taser.

Souhaitant améliorer ses pratiques avec les gens en détresse psychologique, la police de Vancouver s'est penchée sur le rapport ontarien et a quant à elle décidé d'agir.

Pour le moment, 200 de ses agents sont formés pour utiliser un pistolet à décharge électrique, un nombre qui devrait grimper à 300 d'ici la fin de l'année. Toutes les autopatrouilles de la police de Vancouver seront alors munies d'un pistolet Taser.

Par ailleurs, à Montréal, le coroner qui a présidé l'enquête publique sur la mort de l'itinérant Alain Magoire recommande d'améliorer la formation des futurs policiers en santé mentale et d'augmenter le nombre de pistolets Taser au SPVM.

Note : au moins quatre autres cas de décès causés par l'utilisation d'un pistolet Taser ont été rapportés au pays depuis fin 2013, lorsque cette carte a été produite. Des enquêtes sont en cours.

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