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Moins de plans d’eau accessibles aux pêcheurs et plaisanciers

Plusieurs activités sont organisées sur différents plans d'eau au Québec ce week-end pour souligner la fête du nautisme. Or, même si les cours d'eau sont publics chez nous, y accéder devient de plus en plus difficile pour ceux qui n'habitent pas une ville riveraine.

Un texte de Michel Marsolais

Environ la moitié des 800 000 embarcations motorisées du Québec ne sont pas amarrées à des marinas ou à des quais. Elles vont et viennent sur des remorques jusqu'à des rampes de mise à l'eau détenues par les municipalités.

Mais depuis quelques années, les tarifs imposés explosent, jusqu’à 600 $ par année, et certaines villes interdisent même l'accès aux rampes aux non-résidents. Plaisanciers et pêcheurs sportifs protestent.

« Ça ne s’arrange pas. Chaque semaine, des membres nous font signe qu’il y a d'autres endroits qui ont interdit l'accès aux non-résidents. On pense à Saint-Ignace-de-Loyola qui a interdit ce printemps l'accès aux non-résidents. On parle de Pointe-aux-Trembles qui a fermé une descente qui était encore gratuite. Il y a aussi la Ville de Lac-Brome », explique le président de l’Association des pêcheurs sportifs du Québec, Stephan Bourgeois.

L'Association poursuit d'ailleurs une municipalité sur la question de l'accès à l'eau au lac Manitou et espère que la cause fera jurisprudence.

La Coalition avenir Québec (CAQ) s'est engagée à revoir la tarification des rampes d'accès à l'eau. Sa candidate dans Pointe-aux-Trembles, la mairesse d’arrondissement Chantal Rouleau, avait pourtant contribué à l’imposition de ces tarifs pour les rampes d’accès dans l’est de Montréal.

Moins de pêcheurs

Les problèmes d'accès aux cours d'eau ont déjà des effets sur l'industrie nautique et sur la pratique de la pêche.

Mais il y a bateau et bateau. Plusieurs résidents trouvent normal que ceux qui ont les moyens d'acheter des embarcations de luxe et de brûler de l'essence paient leur juste part.

« Si on a les moyens d'avoir un bateau, si on a les moyens de mettre de l'essence dedans, on a les moyens de payer pour avoir accès à des endroits comme ça. Le chalet est superbe. Il y a des gens qui viennent en escale faire des pique-niques », souligne Élise Ravary avant de quitter le quai à Varennes pour une journée sur le fleuve.

D'autres résidents sont plus partagés. « On est résident et on paie cher, alors [pour] les non-résidents, ça n'a quasiment pas d'allure. Il faut que tu sois motivé, faut que t'aimes ça! Déjà, c'est un sport qui coûte cher », dit un autre plaisancier.

« Beaucoup de ces gens-là qui se cherchent des places se dirigent maintenant vers l'Ontario et les États-Unis », affirme Stephan Bourgeois.

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