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Monopole du REM : la Caisse de dépôt se veut rassurante

Alors que plusieurs banlieues de Montréal déplorent l'entente d'exclusivité conclue entre l'Agence régionale de transport métropolitain (ARTM) et la branche Infra de la Caisse de dépôt et placement du Québec (CDPQ) à propos du rabattage des autres services de transport en commun vers les gares du Réseau express métropolitain (REM), le grand patron du projet assure que l'objectif n'est que d'optimiser les trajets des usagers.

En entrevue au Téléjournal Montréal, Macky Tall, président et chef de la direction de CPDQ Infra, a soutenu que les ententes d'exclusivité, en vertu desquelles des sociétés de transport de la Rive-Nord et de la Rive-Sud, entre autres, ne pourront plus emmener de passagers jusqu'au centre-ville de Montréal, mais devront plutôt les déposer à des gares du REM, sont le fruit d'une longue réflexion.

« Nous avons rencontré, au cours des deux dernières années, les municipalités et les sociétés de transport à plus de 100 reprises. Nous avons rencontré quelque 15 000 citoyens lors de portes ouvertes. Nous publions régulièrement des informations sur notre site Internet », a assuré M. Tall.

La semaine dernière, dans la foulée des reportages révélant l'existence de cette entente « secrète », le premier ministre Philippe Couillard avait appelé la Caisse à faire preuve de davantage de transparence.

Accorder au REM l'exclusivité du transport vers le centre-ville à partir de la Rive Sud va de soi, a estimé M. Tall, puisque le nouveau pont Champlain ne comportera plus de voie réservée pour les autobus, mais plutôt une voie ferrée qui sera justement utilisée par le REM.

« Pourquoi mettre des fonds publics dans un autobus qui est plus lent, qui est pris dans le trafic parce qu'il n'y a pas de voie réservée, qui arrive au terminus du centre-ville – qui est déjà à capacité aujourd'hui – lorsque le REM va fonctionner 20 heures par jour, sept jours sur sept? C'est simplement la logique que nous avons reflétée avec cette entente », a-t-il affirmé.

Questionné à savoir s'il pourrait y avoir des inconvénients à octroyer l'exclusivité du transport vers le centre-ville à une seule société de transport, M. Tall a reconnu que certaines personnes pourraient voir leur temps de transit s'accroître.

« Ça peut être un petit nombre de personnes, mais c'est là notre travail avec les sociétés de transport pour réduire ce nombre, a-t-il dit. Et c'est pourquoi nous travaillons à optimiser les services d'autobus qui effectuent le transport vers les stations du REM, afin que cela prenne le moins de temps possible. »

Si le train représente effectivement le moyen de transport le plus rapide, et puisque le nouveau pont Champlain ne comptera pas de voie réservée, pourquoi exiger l'exclusivité sur une partie de la Rive-Sud? « Tout ce que nous avons fait, c'est inscrire le gros bon sens dans un contrat », a répondu Macky Tall.

Des contributions plafonnées

Autre source d'inquiétude des municipalités : la part du financement assumé par les Villes pour le REM. « En dollars d'aujourd'hui, cela ne dépassera jamais 60 millions de dollars », a assuré le président de CDPQ Infra, en parlant de conditions « contractuelles ».

« C'est clair, c'est transparent », a-t-il ajouté, avant de préciser que ces sommes représentent « entre 4 et 6 % des budgets des municipalités, pour ajouter un système qui va essentiellement copier la capacité du métro ».

La Caisse de dépôt s'engage également à ce que le coût du REM soit « comparable » à celui des réseaux déjà existants.

Plus tôt dans la journée, Éric Beaulieu, conseiller municipal de Longueuil, vice-président du comité exécutif et entre autres responsable des grands projets dans cette ville de la Rive Sud, déplorait en entrevue à l'émission Le 15-18, sur les ondes d'ICI Première, que l'entente d'exclusivité « ait été majoritairement acceptée par des gens se trouvant dans une logique de rentabilité financière, avec des objectifs très précis ».

« Au municipal, on a plutôt comme objectif de servir nos citoyens, plutôt que nos projets soient profitables sur le plan financier », a-t-il souligné.

M. Beaulieu affirme par ailleurs que la Caisse n'a pas encore répondu à toutes les questions des élus municipaux qui seront touchés par le projet de train électrique.

« Qui va payer la facture? De quelle façon? Comment peut-on voir dans l'avenir? Nous ne pouvons pas improviser. Nous avons besoin de chiffres, d'inscrire dans nos budgets, à court et moyen termes, des sommes très importantes », a-t-il dit.

Le conseiller municipal suggère de multiplier les discussions entre la Caisse et les municipalités pour éviter de mauvaises surprises aux citoyens.

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