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Montréal : 53 décès liés à la chaleur extrême au début du mois

L'épisode de canicule qui a frappé Montréal entre le 30 juin et le 5 juillet aurait joué un rôle dans la mort de 53 personnes, estime la Direction régionale de la santé publique (DRSP) dans un rapport préliminaire.

Les trois quarts de ces personnes habitaient un appartement, quatre vivaient en maison de chambres et « au moins huit en résidence privée pour aînés ». La plupart étaient des hommes vivant seuls.

Certains facteurs de vulnérabilité à la chaleur se dégagent de cette analyse :

  • Le fait d’être une personne âgée
  • Les troubles de santé mentale
  • La dépendance à l’alcool ou aux drogues
  • Les problèmes de santé cardiovasculaires et respiratoires
  • L’absence de climatisation

La majorité des victimes vivaient d’ailleurs dans des îlots de chaleur, c’est-à-dire des zones où la température est plus élevée qu’ailleurs sur le territoire.

Ce nouveau bilan résulte d’une enquête sur tous les décès survenus à l’extérieur d’un hôpital pendant cette période.

« Nos équipes sont allées dans les bureaux d'Urgences-santé éplucher chaque dossier médical pour voir jusqu'à quel point les décès pouvaient être attribuables au facteur chaleur », explique la Dre Mylène Drouin, directrice de santé publique à Montréal, en entrevue au RDI.

En date du 9 juillet, le bilan pour Montréal avait été estimé à 34 morts liés à la chaleur extrême.

La DRSP de Montréal compte réaliser une enquête épidémiologique plus approfondie au cours des prochains moins. Les décès survenus en milieu hospitalier et en CHSLD seront entre autres analysés pour évaluer s'ils sont liés à la chaleur.

La Dre Drouin ne s'attend pas à un nombre élevé de morts attribuables à la chaleur en milieu hospitalier.

« On pense avoir un bilan beaucoup moins lourd que [lors de la canicule de 2010, pendant laquelle] nous avions eu 106 morts, dont une quinzaine en centre hospitalier », dit-elle.

Les résultats de cette enquête et les recommandations de la DRSP et de ses partenaires seront publiés en décembre 2018.

L'impact des îlots de chaleur

Dans son rapport, la DRSP souligne que « la vague de chaleur a mis en lumière les impacts sur la santé des résidents des îlots de chaleur à Montréal ».

Elle estime que « la lutte contre les îlots de chaleur, par exemple par une plus grande végétalisation des milieux densément peuplés », devrait faire partie d’une stratégie de prévention à long terme pour réduire l’impact de la chaleur sur la santé des Montréalais.

De son côté, la Dre Drouin tire déjà des leçons pour l'avenir. « Il y a des milieux de vie, par exemple les maisons de chambres ou les aînés très isolés, pour lesquels on va raffiner nos stratégies pour les rejoindre plus rapidement », indique-t-elle.

Interventions variées

Pendant l’épisode de canicule, la DRSP et ses partenaires ont mis en place différentes mesures pour réduire les impacts sur la population.

  • Visite de 42 000 foyers jugés vulnérables par des policiers et des pompiers;
  • Ouverture de 19 haltes climatisées dans des CLSC;
  • Prolongation des heures d’ouverture des piscines et des lieux publics climatisés de la Ville de Montréal;
  • Interventions diverses des services de santé auprès des populations vulnérables.

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