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Montréal cite des données douteuses sur les pitbulls

Lors du débat sur l'adoption du nouveau règlement sur les chiens, la vice-présidente du comité exécutif, Anie Samson, a cité des données erronées sur la puissance de mâchoire des pitbulls pour appuyer sa position.

Un texte de Bouchra Ouatik à Découverte

Devant le conseil municipal, Anie Samson a affirmé que la force de la mâchoire des pitbulls était de 500 kg/cm2 contre 150 kg/cm2 pour les labradors, et 600 kg/cm2 pour les requins.

Les données en question sont tirées de la page 24 du Rapport du comité de travail sur les chiens dangereux remis au gouvernement du Québec.

Dans ce rapport, on affirme aussi que le loup a une puissance de mâchoire de 150 kg/cm2, et les dogues allemands (aussi appelés grand danois) auraient une puissance de 1000 kg/cm2 dans leur mâchoire, soit presque le double d'un requin.

Pour ces données, le rapport du comité de travail cite comme référence une thèse de doctorat d'une étudiante française. Or, dans cette thèse, on constate que l'étudiante a puisé ses chiffres sur un site d'éleveurs de bergers allemands appelé Élevage de berger allemand du Bois Galon. Sur ce site, on retrouve les mêmes données, sans aucune référence scientifique.

Les chiffres provenant d'études scientifiques

Le zoologiste américain Brady Barr, qui a produit une série documentaire sur les forces de morsures d'animaux pour National Geographic, obtient des mesures plus de 100 fois moindres à ce qui est rapporté sur le site auquel se réfère le comité de travail. Selon ses mesures, le pitbull a une puissance de mâchoire de 17 kg/cm2, le loup, 28 kg/cm2 et le requin, 42 kg/cm2.

Une autre étude menée par des chercheurs australiens sur la force de mâchoire des canidés va dans le même sens et conclut que les loups ont une mâchoire quatre fois plus puissante que les chiens.

Des chercheurs de l'Université Guelph, en Ontario, ont quant à eux démontré que la puissance de la mâchoire des chiens est proportionnelle à la taille de leur crâne, peu importe la race. Cela signifie que les pitbulls et les labradors ont une puissance de mâchoire équivalente.

Le président de l'Ordre des médecins vétérinaires du Québec, Joël Bergeron, a admis que des erreurs ont pu se glisser dans le rapport du comité de travail sur l'encadrement des chiens dangereux.

Confusion sur le cas du Manitoba

La vice-présidente du comité exécutif se trompe aussi lorsqu'elle cite l'exemple du Manitoba. Elle affirme que cette province bannit les pitbulls depuis 20 ans et ajoute que, bien que les morsures aient augmenté, le taux de morsures qui défigurent les victimes a diminué de 18 %.

En fait, les pitbulls ne sont pas interdits à l'échelle de la province. Une quinzaine de villes les ont bannis, certaines au début des années 1990, d'autres au début des années 2000.

La seule étude qui se penche sur l'efficacité de cette loi ne fait aucune distinction quant à la nature des morsures. L'étude analyse uniquement le taux d'hospitalisation.

Par ailleurs, les chercheurs concluent que le taux d'hospitalisation dans les villes qui ont banni les pitbulls est resté sensiblement le même, mais que le taux d'hospitalisation à l'échelle de la province, y compris dans les villes qui n'ont pas banni ce type de chiens, a diminué de 18 %.



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