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Montréal est-elle prête à faire face au fentanyl?

Au lendemain de la découverte des deux corps trouvés dans une voiture sous le pont Jacques-Cartier, tout porte à croire que ces hommes sont morts de surdose. Même si la présence de fentanyl n'a toujours pas été confirmée, cette drogue a bel et bien fait son arrivée à Montréal. La métropole est-elle toutefois prête à intervenir?

Les surdoses mortelles des deux hommes auraient pu être évitées, estime un bénévole pour SOS Itinérance, Guylain Levasseur, qui ne se promène plus sans sa trousse de naloxone.

La naloxone est la grande alliée des intervenants dans cette vague de surdoses aux opioïdes.

Facile à administrer en vaporisateur nasal, cet antidote permet de renverser les effets des puissants opioïdes en cas de surdoses.

« Il y avait eu une première vague de surdoses aux opiacés en 2014. À la suite de ça, on a formé l'ensemble de nos paramédics pour qu'ils puissent intervenir afin de sauver des vies », explique le chef des opérations à Urgences Santé, Benoît Garneau.

S’il y a depuis de plus en plus de trousses disponibles au Québec, leur nombre n’est toujours pas suffisant, soutient la coordonnatrice du Groupe de recherche d'intervention psychosociale (GRIP Montréal), Jessica Turmel.

Les policiers et les pompiers devraient eux aussi être munis de ces trousses comme dans d’autres villes de l’ouest du paysla crise frappe fort.

« Au niveau des premiers intervenants, on a l'expertise, on a cette capacité-là. Il ne faut juste pas se subjuguer à cette expertise-là », a indiqué le maire Denis Coderre sans toutefois s’engager à former des agents du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM).

D’ici là, le maire encourage les toxicomanes à fréquenter les trois centres d’injection supervisée de la ville pour éviter les tragédies.

« Ce serait la meilleure chose ces temps-ci, surtout avec les cochonneries qui sortent comme le fentanyl, parce qu'au moins il y aurait quelqu'un pour les prendre en charge si quelque chose arrive », estime Guylain Levasseur, qui dort sept jours sept à quelques mètres de la station-service où ont été trouvés les corps.

Quant à la mort des deux victimes de surdoses possiblement liée au fentanyl, une autopsie fera la lumière sur les causes exactes des décès.

Du côté de la section des crimes de violence du SPVM, des enquêteurs tentent de retracer le fournisseur de cette drogue afin de la retirer de la rue.

Avec les informations de Sébastien Desrosiers et de Jacaudrey Charbonneau

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