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Montréal fermera deux de ses usines de traitement des eaux

La Ville de Montréal fermera d'ici 10 ans ses usines de traitement de l'eau potable de Lachine et de Dorval, qui sont vétustes, pour ne garder que quatre usines de traitement des eaux. Les deux usines fournissaient moins de 5 % du volume total d'eau utilisé par l'agglomération de Montréal.

Un texte d'Isabelle Maltais

À terme, la ville de Dorval sera desservie par l’usine de Pointe-Claire, alors que l’arrondissement de Lachine le sera par les usines Atwater et Charles-J.-Des Baillets, situées respectivement dans les arrondissements de Verdun et de LaSalle.

Ces changements coûteront 235 millions de dollars à la Ville de Montréal, dont 150 millions iront en canalisations. On prévoit notamment devoir mettre en place 23 km de conduites principales pour relier Dorval et Lachine à leurs nouvelles usines d'alimentation en eau potable.

Le responsable des infrastructures de l'eau au comité exécutif, Sylvain Ouellet, invoque surtout des raisons économiques pour se départir des deux usines, mais explique que sa décision vise aussi l’atteinte d’une meilleure sécurité et d’une plus grande qualité de l’approvisionnement en eau potable.

« Les économies générées par cette optimisation, mais surtout les bénéfices majeurs et permanents qui en découlent, dépassent de loin les investissements initiaux que l’on va devoir faire », a-t-il fait valoir mardi, lors d'un point de presse à l'hôtel de ville.

Selon les estimations de la Ville, il en aurait coûté 390 millions sur 60 ans pour conserver en bon état de marche les usines de Dorval et de Lachine. Le scénario retenu nécessitera quant à lui des dépenses de 264 millions de dollars sur 60 ans, « soit un coût inférieur de 30 % ».

M. Ouellet souligne que, dans 10 ans, Dorval et Lachine seront alimentées par au moins deux conduites maîtresses, « ce qui les [mettra] à l’abri de pannes, [assurera] la sécurité incendie et aussi [permettra] l’entretien des conduites sans risque pour l’alimentation ».

Il explique aussi qu'au fil des ans, les procédés d’ajout de charbon activé et d’ozonation, qui permettent d’éliminer l’arrière-goût que peut avoir l’eau traitée, se sont détériorés aux usines de Dorval et de Lachine. La fermeture de ces usines au profit des autres usines montréalaises, qui seront mises à jour, permettra donc aux citoyens de continuer à boire de l’eau de qualité, assure-t-il.

En raison de leur désuétude, les deux usines feront toutefois l’objet de réparations, jusqu’à leur démantèlement complet. Des travaux sont d’ailleurs déjà en cours.

Cette annonce survient une semaine après l'adoption du budget de la Ville de Montréal, qui comprend une hausse de la taxe de l'eau de 1,1 %. Devant la grogne suscitée par cette augmentation, qui a fait grimper la charge fiscale des Montréalais au-delà de l'inflation, l'administration Plante-Dorais avait promis d'investir davantage dans les infrastructures de l'eau. Le dépôt du programme triennal d'immobilisation (PTI) 2018-2020, mercredi, devrait d'ailleurs permettre d'avoir une meilleure idée de l'envergure des investissements promis.

La réserve du Fonds de l'eau a fondu d'environ 200 millions de dollars depuis 2013 et l'administration dit vouloir payer davantage de travaux comptant plutôt que de s'endetter.

Avec le reportage de Benoît Chapdelaine

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