La Ville de Montréal va de l'avant avec son projet de règlement visant les pitbulls et d'autres chiens dangereux. Dorénavant, aucune nouvelle bête de type pitbull ne sera tolérée. La Ville promet du même coup un contrôle accru de tous les chiens.

Les propriétaires actuels de chiens de type pitbull pourront garder leur animal s'ils se conforment aux exigences, mais il ne sera pas possible d'en adopter d'autres, selon le projet de règlement déposé lors de la séance du comité exécutif de la Ville.

Ces propriétaires devront demander un permis spécial d'ici la fin de l'année. Pour l'obtenir, ils devront avoir acquis leur chien avant l'entrée en vigueur du nouveau règlement, prévue pour le 26 septembre. Leur casier judiciaire devra être vierge. Ils auront aussi à présenter des preuves de stérilisation de leur chien, de micropuçage et d'immunisation contre la rage.

Les propriétaires qui ne respectent pas ces conditions devront faire leurs adieux à leur bête.

Mais « si vous faites ce qu'il faut faire et respectez la procédure, vous allez être en mesure de conserver votre animal », a souligné le maire Denis Coderre.

Leur chien devra être muselé en tout temps à l'extérieur de leur domicile et être tenu en laisse.

Le règlement vise les chiens - pure race ou croisés - qui présentent des caractéristiques du pitbull terrier américain, du terrier américain du Staffordshire ou du bull-terrier du Staffordshire. Mais il porte également sur tous les chiens qui auront montré un comportement jugé dangereux.

Chiens dangereux

Le propriétaire d'un chien qui a mordu devra signaler l'incident dans les 72 heures et museler l'animal en tout temps à l'extérieur de son domicile.

Si un chien cause la mort d'une personne ou d'un animal, il sera considéré comme dangereux et euthanasié. Si un chien mord sans causer la mort, il sera évalué et pourrait être déclaré dangereux. Le cas échéant, il sera euthanasié.

Les manquements à la nouvelle réglementation seront passibles d'amendes de 300 $ à 750 $ dès la première offense. Les récidivistes s'exposent à des amendes qui pourraient atteindre 2000 $.

« Il y a eu beaucoup de cas de morsures, beaucoup de chiens qui ont été euthanasiés, une femme est décédée sur notre territoire, et ça, il ne faut pas l'oublier », a rappelé en point de presse Anie Samson, responsable de la sécurité publique et vice-présidente du comité exécutif. Elle faisait ainsi référence à la mort de Christiane Vadnais, mordue par un pitbull dans la cour arrière de sa maison à Pointe-aux-Trembles en juin.

Ni Mme Samson ni M. Coderre ne se sont montrés inquiets devant la possibilité que le règlement soit contesté devant les tribunaux.

« Je sais qu'il y a certains avocats qui salivent maintenant, concernant la Charte [des droits et libertés], parce qu'on [veut tenir compte des] antécédents criminels, a dit le maire Coderre. Moi, je pense qu'on a fait nos devoirs. On a couvert tout ça. Oui, malheureusement, le chien, on s'en sert comme arme également, et il fallait agir en conséquence. »

Selon lui, le nouveau règlement constitue une approche « équilibrée » qui tient compte à la fois des droits des animaux et de la sécurité du public. Il note qu'il n'est pas question d'euthanasie à grande échelle.

Réglementation provinciale

Au niveau provincial, le gouvernement Couillard évalue toujours les différentes options.

Le groupe de travail qu'il a chargé d'étudier ce dossier est contre l'interdiction d'une race en particulier, mais le premier ministre Philippe Couillard n'exclut pas encore cette voie, choisie par l'Ontario en 2005.

Le ministre de la Santé, Gaétan Barrette, répète depuis des mois qu'il faut interdire les pitbulls dans l'ensemble de la province, en raison de la gravité des blessures infligées aux victimes lors de morsures.

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