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Montréal manque de plan d'urbanisme, selon Phyllis Lambert

La fondatrice du Centre canadien d'architecture et d'Héritage Montréal, Phyllis Lambert, joint sa voix aux détracteurs du projet de réaménagement de la Maison Alcan, rue Sherbrooke Ouest, au centre-ville de Montréal.

Un texte de Florence Reinson

L'ancien siège social de l'aluminerie Alcan, qui appartient désormais à une entreprise du fondateur du Cirque du Soleil, Guy Laliberté, pourrait être transformé en tour commerciale de 30 étages.

Pour l'architecte et philanthrope montréalaise, on ne peut construire des gratte-ciel sans planification. Il en va de l'avenir de la ville, selon elle.

La Maison Alcan, qui a d'ailleurs été primée plusieurs fois, était jusqu'ici vue comme un exemple de fusion entre architecture ancienne et moderne et pour beaucoup comme un joyau architectural.

« C'est vraiment une partie très distinguée de Montréal. C'est vraiment un quartier qui n'est pas fait uniquement d'une époque, mais de plusieurs époques, avec des bâtiments très bien pensés et très bien faits, et qui marient le patrimoine avec la construction nouvelle. »

D'ailleurs, elle voudrait que cette partie de la rue Sherbrooke, au centre-ville, soit classée quartier historique. Phyllis Lambert entend entreprendre cette démarche après du ministère de la Culture, en son nom et au nom du Conseil canadien d'architecture.

Mme Lambert, tout comme le chef de l'opposition officielle à l'hôtel de ville, Luc Ferrandez, regrette qu'il n'y ait pas eu de véritable consultation publique.

Le maire Denis Coderre, lui, défend ce projet et affirme que le processus a été respecté. Il indique qu'il y a eu des consultations à la fois auprès des élus et des citoyens. Il estime que l'on devrait se réjouir que des investisseurs s'intéressent à la métropole : « En 2013, on a eu pour 994 millions de dollars en termes de permis pour le centre-ville. En 2014, 2,1 milliards. Il y a des investissements pour des dizaines de milliards de dollars qui s'en viennent. »

« On devrait être contents aussi parce qu'il y a beaucoup de gens qui veulent venir investir à Montréal. Donc, Montréal est de retour sur le plan de l'investissement. On dit qu'on ne doit pas le faire à n'importe quel prix, donc, c'est pour cela qu'il y a un processus, et on va le respecter. »

Le maire reconnaît qu'on peut ne pas aimer la tour, mais il rappelle que les goûts en architecture, comme en art, sont subjectifs. Il affirme avoir respecté l'intégrité patrimoniale de la rue Sherbrooke.

L'arrondissement de Ville-Marie doit donner son feu vert à la construction de cette tour de 120 mètres de haut le 9 septembre.

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