Le festival Montréal en lumière vient de prendre son envol dans la métropole québécoise, et particulièrement cette année, il porte bien son nom. Le Quartier des spectacles s'est paré de 25 œuvres lumineuses que les visiteurs peuvent découvrir dans un parcours de 3,6 kilomètres.

Un texte de Catherine François

Ces œuvres, conçues par des artistes d’ici et d’ailleurs et qui allient art, lumière et nouvelles technologies, s’animeront tous les soirs, du mercredi au samedi, jusqu’au 11 mars.

Les organisateurs de Montréal en lumière rêvaient de doter leur événement de ces installations lumineuses depuis les débuts du festival. Un travail acharné au cours des trois dernières années a mené à l’inauguration, le 22 février dernier, d'Illuminart.

C’est une expo, un spectacle à ciel ouvert. L'idée, c'est de démocratiser ces technologies-là qui, parfois, sont peut-être difficiles à comprendre pour le commun des mortels, amener vers les gens ces nouvelles technologies, leur permettre de découvrir ces outils technologiques.

Mikaël Frascadore, vice-président productions de Spectra

La majorité des œuvres sont le fait d’artistes d’ici, mais aussi de citoyens et d’étudiants en arts graphiques et en nouvelles technologies de l’Université du Québec à Montréal et du Cégep du Vieux-Montréal.

À la suite d'un concours international, des artistes étrangers ont aussi pu exposer leurs œuvres, comme l’Australienne Amanda Parer et son « Fantastic Planet », qui comprend trois personnages géants installés sur le parterre à l’angle de la rue Clark et du boulevard De Maisonneuve, ou le pendule hypnotisant du Néerlandais Ivo Schoofs. Six œuvres au total ont été créées par des artistes de Lyon, ville d’honneur de Montréal en lumière cette année.

Des œuvres ludiques et interactives

L’un des critères de sélection des organisateurs d'Illuminart a été l’interactivité des œuvres.

Il y a une majorité d'œuvres qui invitent les citoyens, les festivaliers à interagir avec une projection vidéo, une projection illusionniste, des capteurs, des caméras. Des détecteurs de mouvement sont installés et le festivalier peut alimenter le contenu d'une projection vidéo. L'aspect interactif était important pour nous. On veut que l'événement soit participatif, soit inclusif, et que les citoyens puissent mettre une touche artistique aussi dans leur quotidien en participant à un projet avec les artistes.

Mikaël Frascadore

Le « Passage » du Québécois Serge Maheu est un bel exemple de cette interactivité, avec son tunnel qui s’anime d’effets lumineux et sonores dès qu’on y entre. Il s'agit d'une installation très prisée par les festivaliers.

L’éléphant rouge de l’artiste Bibi, de Lyon, attire aussi les regards : faite de bidons d’eau recyclés illuminés par des ampoules DEL, la sculpture illustre le fait que la simplicité peut être très efficace également dans ce nouvel art de la lumière.

Trois animations particulièrement spectaculaires sont à ne pas rater également : celle sur la façade du Monument-National, qui retrace l’histoire de ce théâtre montréalais, celle des petits bonhommes lumineux qui ressemblent à des allumettes qui montent et dégringolent dans une joyeuse farandole la façade de la Cinémathèque (œuvre du groupe LABS, de Lyon) et celle qui transfigure le parvis de l’Église St-James, sur la rue Sainte-Catherine, une œuvre d’artistes lyonnais également.

« C'est une projection illusionniste extrêmement impressionnante qui n'allie pas seulement la vidéo, mais aussi l'utilisation de lasers et de projecteurs motorisés agrémentés d'une bande sonore. C'est un projet magistral à voir absolument », recommande Mikaël Frascadore.

Un art de la lumière est né

Un peu partout sur la planète, la lumière est devenue une composante centrale de nombreux festivals.

« On peut parler d'un nouvel art de la lumière. Je crois que la lumière, les nouveaux médias et les nouvelles technologies font partie d'un tout qui permet aux scénographes, aux metteurs en scène, aux concepteurs de pousser encore plus loin le développement de leurs concepts », ajoute-t-il.

Illuminart se tient pour la première fois, mais les organisateurs travaillent déjà sur la programmation de l'année prochaine. L’art de la lumière n’a pas fini de nous en mettre plein la vue.

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