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Montréal obtient les budgets du développement de l'habitation

Le gouvernement du Québec transfère à la Ville de Montréal les responsabilités et les budgets relatifs au développement de l'habitation sur son territoire.

Les deux ordres de gouvernement ont annoncé vendredi la conclusion d’un accord de cinq ans par lequel l'Office municipal de l'habitation de Montréal (OMH) récupère de la Société d’habitation du Québec (SHQ) 93,7 millions de dollars dès cette année pour gérer sur son territoire les programmes AccèsLogis et Rénovation Québec, de même que le programme d'adaptation de domicile pour personnes avec un handicap.

La part du budget des programmes de la SHQ qui revient à la métropole est fixée à 36 % pour l’année 2017-2018. Elle sera augmentée d’un point par année jusqu’à atteindre 40 % en 2021-2022, précise aussi l'entente.

Le gouvernement Couillard a également confirmé l’octroi d’une subvention de plus de 22 millions de dollars à la Ville de Montréal pour accroître le financement des projets AccèsLogis en attente de réalisation.

La mairesse Valérie Plante – qui a maintes fois indiqué que l'habitation faisait partie de ses priorités – attendait avec impatience la conclusion de cet accord pour pouvoir lancer la construction de nouveaux logements sociaux.

« Cette entente nous permettra de poursuivre et d’améliorer nos interventions en habitation, en nous donnant les moyens de concrétiser un de nos engagements prioritaires envers nos citoyens et citoyennes, soit de créer 12 000 logements sociaux, abordables et familiaux au cours des quatre prochaines années », a-t-elle déclaré. De ce nombre, 6000 devraient être des logements sociaux.

« En ayant davantage de pouvoirs – une rapidité d’action également – pour moi, c’est très, très important. Ça veut dire qu’on va pouvoir aller beaucoup plus vite dans toutes ces nouvelles unités », a dit Mme Plante en conférence de presse.

« La Ville de Montréal sera plus autonome et aura les coudées franches pour adapter, en fonction de ses besoins et de ses réalités, ses interventions en matière d’habitation », a déclaré de son côté le ministre des Affaires municipales Martin Coiteux, responsable de la région de Montréal au sein du cabinet Couillard.

Cet accord permettra une meilleure flexibilité dans les projets d'habitation de la métropole puisque celle-ci « a ses particularités », estime pour sa part Danielle Cécile, directrice générale de l'OMH. « Les programmes québécois ne viennent jamais refléter des choses aussi précises que le prix du terrain à Montréal, par exemple; ou le fait que, comme on construit en très grande densité, on doit construire en béton, on ne construit pas en bois-brique; ou le fait qu’on va devoir mettre des ascenseurs, quand on fait 12 étages, ce qu’on ne fait pas dans de plus petits bâtiments », a-t-elle expliqué.

De façon générale, les organismes communautaires locaux saluent cette nouvelle. Mais le président du Réseau québécois des OSBL d'habitation, Martin Bécotte, rappelle que la Ville n'aura pas le contrôle total sur ses moyens.

« Elle pourra établir ses critères, il y aura moins d'intervenants dans le dossier, a-t-il convenu. Mais quels seront les budgets dans le futur? Parce que là, ce que la ville a, c'est une entente sur le pourcentage des prochains budgets. Mais à la veille des élections, qui sera le prochain gouvernement et quels seront les budgets? »

Ces budgets demeurent par ailleurs insatisfaisants aux yeux de Céline Magontier, du Front d'action populaire en réaménagement urbain (FRAPRU), qui a noté que « les besoins sont grands, à Montréal ».

« On pense que c’est insuffisant pour financer assez de logements sociaux pour répondre aux besoins des personnes mal logées à Montréal, a-t-elle indiqué, précisant que « près de 24 000 personnes sont sur une liste d’attente pour un HLM » et que « plus de 86 000 personnes dépensent plus de 50 % de leurs revenus pour se loger ».

Avec la conclusion en décembre 2016 de l’entente-cadre « Réflexe Montréal » et avec l’adoption en septembre dernier de la loi sur le statut de métropole, Montréal avait déjà obtenu les pleins pouvoirs en matière d'habitation, du moins en théorie. Les parties devaient encore conclure des ententes sectorielles, dont celle sur le transfert des responsabilités et des budgets.

L’entente annoncée vendredi exclut les budgets du parc d’habitations à loyer modique (HLM).

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