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Montréal ouverte à « encadrer » le vélo de montagne sur le mont Royal

La possibilité d'ouvrir sur le mont Royal une piste consacrée au vélo de montagne, qui serait « bien encadrée », est étudiée par la Ville de Montréal. L'administration de Valérie Plante réfléchit également à la création de tels aménagements ailleurs dans la métropole, notamment dans le futur parc-nature du secteur Turcot.

Un texte de Romain Schué

« On pourrait offrir [sur le mont Royal] une piste réelle de vélo de montagne, encadrée, en disant qu’il ne faut pas aller ailleurs qu’à cet endroit-là », explique le conseiller Hadrien Parizeau, responsable des sports et des loisirs au sein de l’administration.

À ce jour, pratiquer le vélo de montagne sur le mont Royal est interdit. Cependant, le règlement en vigueur, vieux de plusieurs décennies, n’est pas appliqué. Alors qu’aucune piste consacrée à ce sport n’existe dans la métropole, cette activité reste ainsi « tolérée », précise Hadrien Parizeau, tout en ajoutant que la situation doit évoluer.

Depuis de nombreuses années, plusieurs organismes et de nombreux adeptes du vélo de montagne réclament une telle piste sur le mont Royal, l’endroit « de prédilection » en raison de son dénivelé, souligne l’organisme Sentiers Royal.

Malgré plusieurs rencontres avec l’ancienne équipe municipale, dirigée par Denis Coderre, ce dossier n’a cependant pas avancé.

« Cette situation actuelle n’est pas possible, pas durable, souligne Gabriel Michaud, porte-parole de Sentiers Royal, qui est soutenu par Vélo-Québec. Il faut chercher des améliorations et mettre en place un projet dans lequel le vélo de montagne sera légalisé et encadré. »

La Ville veut protéger le « milieu naturel »

Protéger « l’habitat naturel » reste néanmoins la priorité de la Ville de Montréal.

Vidéo à l’appui, Hadrien Parizeau, qui dit pratiquer ce sport sur les pentes du mont Saint-Sauveur, montre des coulées de boue provoquées par le passage de ces vélos aux roues larges.

« Il n’y a plus rien pour retenir. Rien ne pousse pour retenir cette boue. Le passage des vélos crée de grands sillons », décrit ce cycliste averti.

Cette préoccupation est partagée par Sentiers Royal. Mettre en place une piste réservée, avec un drainage adéquat, pourrait être la bonne solution, soutient l’organisme.

« Personne n’aime rouler dans une rivière de boue, assure Gabriel Michaud. On veut développer notre sport avec des sentiers durables et sécuritaires. »

Les Amis de la montagne opposés

Cet avis n’est cependant pas partagé par Les Amis de la montagne. L’organisme, qui appelle la Ville à lutter contre le « laisser-aller », croit que les adeptes du vélo de montagne ne se contenteraient pas d’une piste réservée.

« Ce serait difficile de canaliser les cyclistes sur un seul sentier d’un ou deux kilomètres à moins d’une surveillance accrue », pense Éric Richard, directeur de l’éducation et de la conservation pour l'organisme.

Selon lui, cette piste serait « vite saturée et les gens iront ailleurs ».

« Cet aménagement ne pourrait pas répondre à la demande et pendant ce temps, c’est la forêt qui en subira le contrecoup », ajoute-t-il, tout en mentionnant que l'érosion sur le mont Royal est également provoquée par le passage des adeptes de la course à pied en sentier.

D’autres lieux étudiés

D’autres alternatives sont elles aussi à l’étude du côté de la Ville de Montréal. Une rencontre est d'ailleurs prévue lundi prochain entre Vélo Québec, Hadrien Parizeau et Luc Ferrandez, responsable des grands parcs, pour évoquer la création de tels aménagements consacrés au vélo de montagne.

Deux lieux ont déjà été identifiés par l’administration : le parc Frédéric-Back, dans le quartier de Saint-Michel, et le futur parc-nature qui sera créé dans le secteur Turcot. Pour ce dernier, une consultation publique va être menée et le cabinet de la mairesse Valérie Plante spécifie que l'administration sera à l'écoute des besoins qui seront soulevés au cours de ces discussions.

La question du dénivelé n’inquiète pas la Ville. « Au ski, on est capable d’ajouter du dénivelé sur une montagne. Ça pourrait être possible d’ajouter du dénivelé et faire quelque chose d’intéressant pour accueillir du vélo de montagne », avance Hadrien Parizeau.

Mi-juin, la commission de la culture, du patrimoine et des sports, composée de plusieurs élus, a par ailleurs recommandé à la Ville d’offrir des installations pour le vélo de montagne dans le réseau des grands parcs de la métropole.

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