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Montréal perd moins d'eau qu'avant

Les millions de dollars investis depuis le début des années 2000 dans les infrastructures de l'eau à Montréal commencent à rapporter. La proportion d'eau perdue dans le sol à cause des fuites est passée de 40 % à 31 % entre 2001 et 2017, révèlent les plus récents chiffres de la Ville de Montréal communiqués en primeur à Radio-Canada.

Le meilleur indicateur est la production de l'eau, qui diminue d'année en année à Montréal pour répondre aux besoins. La baisse enregistrée de 2016 à 2017 a été la deuxième en importance en 15 ans.

« C'est une diminution de 3,5 % de la quantité d'eau produite, et ça, c'est grandement grâce au renouvellement des réseaux », explique Chantal Morissette, directrice du Service de l'eau à la Ville de Montréal. « Il y a moins de fuites sur le réseau, donc on doit produire moins d'eau », résume-t-elle.

En fait, la production d'eau a baissé de presque 25 % à Montréal depuis 2001, l'année où la ville a réalisé à quel point il y avait du rattrapage à faire dans l'entretien de son réseau d'aqueducs. Cette année-là, on estimait que 40 % de l'eau produite se perdait dans le sous-sol montréalais à cause des fuites. Aujourd'hui, ce serait environ 31 %,

« On est passés d'à peu près une centaine de millions [...] à 350 millions d'investissements pour les deux dernières années, des investissements annuels », précise Mme Morissette. « Mais on doit se rendre environ entre 500 et 600 millions par année si on veut être capables de récupérer le retard », nuance-t-elle.

Pour y arriver, la Ville de Montréal « répare environ 900 bris par année [...] sur les conduites d'eau dans la rue », de même qu'« environ 1500 bris dans les entrées de service qui vont de la conduite de la rue jusqu'à la ligne de la propriété », ajoute Mme Morissette.

Plus de travaux, moins de bris

Il faut dire que depuis 2001, les chantiers s'accélèrent pour rattraper les retards dans l'entretien du réseau d'aqueducs.

« On travaille fort depuis des années, témoigne Fernando Rivera, ingénieur et chargé de projet à la réalisation des travaux pour la Ville de Montréal. On augmente chaque année les travaux de 12 % à 15 %. »

M. Rivera donne l'exemple du chantier de l'avenue Laurier Ouest, où depuis l'an dernier, des ouvriers d'affairent à refaire 822 mètres de conduites. Elles dataient de 1895; la Ville n'avait plus le choix d'intervenir, dit l'ingénieur. « La conduite, elle ne fuyait pas, admet-il, mais elle était vraiment à la limite de sa vie utile, donc ça veut dire que ça pouvait éclater n'importe quand. »

Et des conduites qui éclatent, il y en a encore beaucoup à Montréal. En 2017, environ 11 % des quelque 4300 kilomètres de conduites d'eau de la ville étaient jugés en mauvais ou très mauvais état, soit 480 kilomètres de conduites. Il y avait en outre 2800 kilomètres de conduites dans un état moyen, que la Ville devra commencer à remplacer dans un horizon de 5 à 15 ans.

La mise à niveau du réseau d'aqueduc étant encore loin d'être atteinte, l'administration Plante ne regrette absolument pas sa controversée hausse de taxe sur l'eau décrétée en janvier. « Je prends au pari n'importe qui de m'accompagner sur des chantiers pour voir l'état de vétusté de nos conduites », conclut Sylvain Ouellet, vice-président du comité exécutif et responsable des infrastructures de l'eau à la Ville de Montréal.

La Municipalité compte consacrer cette année 538 millions de dollars aux infrastructures de l'eau. Des montants similaires sont aussi prévus pour les trois prochaines années.

D'après le reportage de Jean-Sébastien Cloutier

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