La population de certaines municipalités de l'île de Montréal et de ses environs a diminué depuis 2011, selon le dernier recensement de Statistique Canada, au profit d'un étalement urbain qui voit les jeunes familles s'éloigner des quartiers centraux et de la banlieue immédiate pour s'installer aux limites de la région métropolitaine.

Un texte de Roberto Rocha et Laurence Niosi

L’exode de jeunes familles en quête de logements plus grands et moins chers se poursuit : la population des banlieues éloignées de la Rive-Sud et de la Rive-Nord de Montréal a beaucoup augmenté au cours des cinq dernières années.

Le recensement de Statistique Canada, publié mercredi, révèle que si de nombreuses municipalités urbaines au pays ont subi une baisse démographique, le phénomène est particulièrement visible dans la région montréalaise. Ainsi, 16 des 29 centres urbains canadiens dont la population a le plus diminué se trouvent dans le Grand Montréal.

La baisse démographique est particulièrement marquée dans l’ouest de l’île, notamment à Kirkland, Hampstead, Sainte-Anne-de-Bellevue, Dollard-des-Ormeaux et Beaconsfield. Par exemple, la population de Kirkland a diminué de 5,2 % en cinq ans, passant de 21 250 habitants en 2011 à 20 150 l’an dernier. Cette ville arrive au deuxième rang des plus fortes décroissances au pays.

Les données du recensement de Statistique Canada n’expliquent pas pourquoi ces régions sont les plus touchées. Mais le démographe Jonathan Chagnon observe que ce sont des municipalités établies depuis un certain temps, avec des populations vieillissantes.

Les enfants quittent probablement le nid. Et il n’y a plus de place pour de nouvelles constructions dans ces municipalités.

Jonathan Chagnon, démographe de Statistique Canada

Un boom démographique en banlieue

À l’inverse, la population croît dans d’autres municipalités situées aux limites de la région métropolitaine, dont certaines présentent des taux de croissance quatre fois supérieurs à la moyenne nationale de 5 %.

Saint-Colomban, au nord-ouest de Mirabel, a gagné 3000 habitants en cinq ans, soit une hausse de 22,5 %. La population de Mirabel a augmenté de 20 %, celle de Saint-Lin-des-Laurentides, de 19 %, et celle de Carignan, de 18,8 %.

On sait que les familles plus jeunes vont vouloir s’éloigner et aller là où il y a plus de terrains disponibles et où le coût des habitations est moins élevé.

Jonathan Chagnon, démographe de Statistique Canada

Cela dit, les régions métropolitaines continuent de croître au pays. La population de l’agglomération de Montréal a grandi de 4,2 %, pour atteindre 4,1 millions d’habitants.

La Ville de Montréal a 55 000 habitants de plus. Il s’agit toutefois d’une modeste hausse de 3,3 %, bien au-dessous de la moyenne nationale de 5,8 % pour les grandes municipalités urbaines.

Les données sur l’âge et le genre seront publiées plus tard cette année, mais Jonathan Chagnon note que ce sont les plus jeunes qui stimulent la croissance démographique dans les centres urbains.

Les poches de croissance à Montréal

Statistique Canada a divisé les régions métropolitaines en secteurs de recensement, qui regroupent respectivement de 1000 à 8000 personnes. Voici les secteurs qui ont connu la plus grande croissance à Montréal.

1. Griffintown

Le quartier au complet a grossi, mais le secteur délimité par les rues Notre-Dame, Guy et de la Montagne a connu la plus forte augmentation de la région métropolitaine, soit une hausse de 642 % depuis 2011.

2. Le centre-ville

La population du secteur compris entre les rues Sainte-Catherine, Guy, Saint-Antoine et Peel a presque triplé, pour atteindre 1134 habitants en 2016.

3. La section nord-est du Plateau

La population au coin du boulevard Saint-Joseph et de la rue d’Iberville a augmenté de 86 % au cours des cinq dernières années.

4. Ahuntsic

Un petit secteur compris entre l’autoroute 15, la rue Sauvé, le boulevard Acadie et le boulevard Henri-Bourassa a augmenté de 69 %.

Les secteurs les plus peuplés de Montréal

Si certains secteurs ont connu une forte hausse démographique, il reste que les zones suivantes sont parmi les plus peuplées :

Île du Tremblay, à Laval : 159 767 habitants par kilomètre carré

Le secteur autour du métro Guy-Concordia : 135 547 habitants par kilomètre carré

Le quartier Chameran, dans l’arrondissement de Saint-Laurent : 111 302 habitants par kilomètre carré

Les appartements des chemins Kingsley et Baily, à Côte-Saint-Luc : 51 902 habitants par kilomètre carré

Plus d'articles

Vidéo du jour


Ce garçon se fait prendre par le reste de sa famille!





Rabais de la semaine