Les microbrasseries se sont multipliées au Québec ces dernières années. Mais si on vante l'aspect local de ces bières artisanales, elles sont surtout fabriquées à partir d'ingrédients importés d'Europe ou des États-Unis. Les choses changent à mesure que la culture du houblon effectue un retour chez nous. On en fait maintenant même pousser à Montréal.

Un texte de Michel Marsolais

Comme la plupart des brasseurs, Mathieu Garceau-Tremblay utilise des ingrédients importés pour faire ses bières artisanales. Ainsi, l'Allemagne reste le plus gros producteur mondial de houblon, devant les États-Unis.

« En 2008 il y a eu une grosse crise du houblon mondiale. Il y a eu des pénuries. Les prix ont augmenté rapidement. Il y a eu beaucoup de gens qui ont flairé la bonne affaire au Québec, qui ont commencé à implanter des houblonnières », explique Mathieu Garceau-Tremblay, chef brasseur à la Brasserie Harricana.

Le Québec s'est donc remis à la culture du houblon, culture qui avait été délaissée depuis longtemps. La production locale est encore modeste et les prix restent élevés, mais ces inconvénients semblent mineurs pour les microbrasseries qui font des bières de spécialités et cherchent des goûts distinctifs.

Si la production est trop faible pour assurer un approvisionnement régulier, les agriculteurs urbains montréalais veulent faire leur part.

Une bière du 375e

Le prétexte : brasser une bière pour le 375e anniversaire de Montréal avec du houblon planté dans l'île. Une quinzaine de microbrasseries montréalaises participent au projet. Chacune produira une bière différente avec du houblon local.

« À la base, ce n'était pas de remplacer l'approvisionnement traditionnel, de remplacer les houblonnières. C'est plutôt même de donner de la visibilité aux houblonnières québécoises, de leur donner un coup de pouce d'une certaine façon, tout en verdissant la ville », de dire Mathieu Garceau-Tremblay.

Des centaines de plants de houblon ont été plantés en ville et poussent dans les cours comme de la mauvaise herbe. La plante requiert peu d'entretien et peut pousser de près de 30 cm par jour par journée chaude. Plusieurs l'utilisent comme plante ornementale, un peu comme de la vigne.

Gino Perron avait déjà commencé à planter du houblon dans sa cour de Rosemont. Mais le projet Houblonnière Montréal lui a donné le goût d'en planter davantage.

« J'ai eu connaissance cette année qu'il y avait un projet de Houblonnière Montréal pour faire une bière pour le 375e anniversaire et ils demandaient aux gens d'en planter pour faire des parcelles communes et faire une bière avec ça. Je trouvais que c'était intéressant. C'est une façon de faire une modeste contribution au 375e de Montréal », explique cet amateur de bière.

Patrice Fortin-Lavoie, un détaillant spécialisé dans les produits de microbrasseries, fait lui aussi pousser du houblon sur sa clôture.

« Naturellement, on a pensé au houblon. Je travaille dans la bière, aussi je fais ma bière donc, c'était naturel », dit-il.

« On va en avoir beaucoup. Je m'attends d'avoir une bonne récolte », pense pour sa part Gino Perron.

Cette année, les brasseurs vont tester le produit, une première cuvée avec le houblon du Jardin botanique de Montréal. La récolte 2016 donnera la bière pour l'anniversaire de Montréal en 2017.

« Pour 2017, on va vraiment être rendu à point. On va avoir une grande quantité de houblon prête, de surplus, cette année-là on devrait pouvoir approvisionner tout le monde. »

Le houblon étant une plante vivace qui produit des cocottes pendant près de 30 ans, on devrait pouvoir goûter ces bières montréalaises pour encore longtemps.

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