Leonard Cohen, mort lundi à sa résidence de Los Angeles, a été inhumé jeudi à Montréal lors d'une cérémonie intime organisée par sa congrégation. L'artiste avait la métropole québécoise gravée dans son ADN et nombre de ses chansons y ont trouvé leur inspiration.

Depuis l'annonce de son décès jeudi soir, des personnes se rassemblent et déposent des fleurs et des bougies devant sa résidence montréalaise, rue Vallières, en face du parc du Portugal, à l'intersection de la rue Marie-Anne et du boulevard Saint-Laurent.

La Congrégation Shaar Hashomayim de Westmount a salué la mémoire de Leonard Cohen lors d'une cérémonie intime jeudi. « Leonard souhaitait être enterré selon les traditions juives aux côtés de ses parents, grands-parents et arrière-grands-parents. Leonard a été un membre très affectionné de la communauté Shaar Hashomayim et il a toujours maintenu un lien spirituel, musical et familial avec les jeunes de la synagogue », affirme le rabbin Adam Scheier, dans un communiqué.

D'ailleurs, le choeur de cette congrégation a participé au dernier album de Leonard Cohen, You Want It Darker.

Le vice-président à la programmation du Festival international de jazz de Montréal, Laurent Saulnier, estime même que si Montréal peut se vanter encore en 2016 d'être sur la carte géographique musicale mondiale, c'est d'abord et avant tout grâce à Leonard Cohen.

« On devrait saluer sa mémoire comme celle d'un grand Montréalais. Cohen, ses mots auront touché tout le monde à travers la planète, certainement à cause de la langue anglaise. En même temps, il aura permis de faire connaître Montréal - pas comme avec une plaque ou une affiche avec des néons - mais plutôt une sensibilité, une fibre montréalaise, et il y avait ça dans ses textes, dans ses origines qu'on partage », affirme en entrevue Philippe Renaud, chroniqueur au Devoir.

Les Montréalais ont souvent aperçu l'artiste dans la ville. Jeudi, même les propriétaires du magasin de bagels St-Viateur ont tenu à rendre hommage à Leonard Cohen.

Le maire de Montréal, Denis Coderre, a annoncé hier soir sur Twitter que les drapeaux de la ville de Montréal seraient mis en berne et qu'un hommage particulier serait rendu à Leonard Cohen.

Les hommages des amis

Pour Jim Corcoran, qui habitait près de chez lui à Montréal mais qui avoue avoir toujours été trop timide pour l'aborder, Leonard Cohen représente une élégance, une rigueur, une discipline, une profondeur et une inspiration. Il ajoute qu'il fait maintenant partie des grands disparus.

André Ménard, cofondateur du Festival international de Jazz de Montréal, connaissait Leonard Cohen, avec qui il s'est entretenu à plusieurs reprises.

« Il parlait très bien français. J'étais allé le voir à Halifax lors de concerts préparatoires de sa tournée. Il avait fait la moitié de ses présentations en français. Il me disait qu'il voulait être prêt pour Saguenay [où il allait aussi donner des concerts]. Il avait un extrême respect pour les francophones », dit André Ménard en entrevue.

« Quand je l'ai vu quelques jours avant un concert à Montréal, il me disait : "J'étais peut-être un grand ami de Pierre Elliott Trudeau, mais ma grande admiration allait aussi à René Lévesque, qui a clarifié les choses pour ma communauté." Pour lui, Lévesque avait fait une contribution significative à l'histoire. [Cohen] avait une grande conscience des enjeux culturels et politiques, mais il ne s'alourdissait pas dans le discours politique. »

Plus d'articles

Vidéo du jour


L'art d'être le parfait invité