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Montréal veut rendre moins polluante sa principale station d’épuration d’eau

Les quatre incinérateurs de la station d'épuration des eaux usées de Rivière-des-Prairies arrivent au bout de leur vie utile. Et comme il s'agit de l'un des plus importants émetteurs de gaz à effet de serre (GES) de Montréal, la Municipalité évalue ses options pour les remplacer par des brûleurs moins polluants.

Un texte de Jérôme Labbé

Le comité exécutif a donné le mandat mercredi matin à la firme Axor pour qu'elle mène une étude de faisabilité sur les solutions de remplacements des incinérateurs à foyers multiples de l'usine Jean.-R. Marcotte, située sur le boulevard Maurice-Duplessis. Le contrat, qui prendra fin en juillet 2019, est évalué à un peu moins de 537 000 $.

« Il faut savoir que c'est notre plus gros émetteur corporatif de gaz à effet de serre, et on sait qu'éventuellement, il va arriver à terme », a expliqué Sylvain Ouellet, responsable des infrastructures de l'eau et vice-président du comité exécutif. « Dans le fond, le but de cette étude-là, c'est d'essayer de voir de quelle façon on va remplacer ça. Est-ce qu'on va remplacer ça à l'identique par des incinérateurs? Ce qu'on cherche vraiment, c'est d'essayer de trouver des débouchés. »

Une partie des cendres produites par la station de Rivière-des-Prairies est déjà valorisée comme engrais sur des terres agricoles. Mais le sommaire décisionnel précise que « l’étude se penchera sur diverses solutions de remplacement, dont la biométhanisation, le séchage thermique, ainsi que d’autres types d’incinérateurs moins énergivores, moins polluants et émettant moins de gaz à effet de serre ». « La combinaison de deux ou trois de ces procédés pourrait aussi être considérée comme une solution de remplacement », ajoute-t-on.

Les quatre incinérateurs de la station sont en activité depuis 1988. Ils ont donc 30 ans de service. Chaque année, la Direction de l'épuration des eaux usées (DEEU) investit près de 1 million de dollars sur l’entretien et la mise à niveau de ses incinérateurs afin de prolonger leur vie utile. « Conséquemment, la DEEU envisage le remplacement des incinérateurs d’ici les prochaines années », apprend-on dans les documents rendus publics par le comité exécutif.

Une chute d'urgence en fin de vie

Par ailleurs, la chute d'urgence utilisée pour enfouir les cendres inutilisées de la station Jean.-R. Marcotte fera aussi l'objet de travaux cet été, car elle aussi approche de sa fin de vie utile.

Le comité exécutif a donné son aval mercredi à un contrat de réfection de 159 000 $. C'est l'entreprise Excavations DDC qui sera chargée de la « mise à niveau » de ce déversoir en métal, situé dans une carrière de Montréal-Est, à environ 5 kilomètres de l'usine d'épuration.

Cette chute est utilisée « lorsque les conditions climatiques ne permettent pas d’atteindre de façon sécuritaire le fond de la carrière pour décharger les cendres, comme en cas pluie, de neige, de verglas ou de sol détrempé », explique-t-on dans le sommaire décisionnel.

L'opération est devenue « nécessaire afin de maintenir les opérations de déchargement sécuritaires », précise-t-on.

Une infrastructure importante pour Montréal

La station Jean-R. Marcotte traite environ les trois quarts des eaux usées domestiques de la grande région de Montréal et près de la moitié de celles des eaux du Québec. Tous les égouts de l’île de Montréal y aboutissent.

Le site doit d'ailleurs accueillir sous peu une usine d'ozonation de l'eau, un projet attendu depuis une dizaine d'années, dont les coûts ont presque doublé entre-temps. Les travaux devraient en théorie être terminés à la fin de 2018.

La désinfection à l'ozone permet d'éliminer plus de 95 % des bactéries et la grande majorité des virus et des médicaments qui se retrouvent dans les eaux usées. Les principaux bénéficiaires de cette technologie seront les citoyens des villes situées en aval qui puisent leur eau dans le fleuve.

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