Retour

Mort d’un travailleur à l’UdeM : une zone dangereuse non sécurisée en cause

La Commission des normes, de l'équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST) a rendu son rapport d'enquête à la suite de l'accident qui a coûté la vie à un apprenti mécanicien d'ascenseur sur le campus de l'Université de Montréal, le 19 février dernier.

Éric Martel, qui travaillait pour l'entreprise Ascenseurs Viau, effectuait l'entretien hebdomadaire d'un trottoir roulant lorsque sa main et son bras gauche ont été coincés entre la courroie et le cylindre en rotation, situés sous le trottoir roulant, puis broyés.

La CNESST conclut que la cause principale de la mort de l'homme de 28 ans résulte du fait que la zone d'entraînement sous le trottoir roulant était accessible alors même que celui-ci était en marche.

Le jour de l'accident, le mécanicien s'affairait à l'inspection visuelle du cylindre d'un trottoir roulant en fonctionnement, à partir d'une salle mécanique située sous le dispositif. L'inspection du cylindre en rotation nécessitait que le travailleur soit à proximité de zones dangereuses.

Aucun protecteur ne limitait l'accès au cylindre et à la courroie de rotation du trottoir roulant, et aucune méthode de contrôle des énergies dangereuses n'était appliquée, relève la CNESST dans son rapport.

La raison pour laquelle la main et le bras gauches du travailleur sont entrés dans cette zone dangereuse et ont été entraînés entre la courroie et le cylindre demeure inconnue.

La deuxième cause de l'accident invoquée par la Commission est une déficience du processus d'identification, de contrôle et d'élimination des phénomènes dangereux liés aux pièces en mouvement de la partie mécanique du trottoir roulant.

Sécuriser les équipements

Ascenseurs Viau n'avait pas mis en œuvre de démarche systématique d'identification, de contrôle et d'élimination des risques sur les lieux où ses travailleurs étaient appelés à effectuer des entretiens périodiques, relève la CNESST.

Par ailleurs, l'Université de Montréal n'avait pas non plus « sécurisé les équipements du trottoir roulant, afin d'éviter l'exposition de ses travailleurs et des travailleurs sous-traitants à des zones dangereuses, et ne s'était pas assurée que les travailleurs d'Ascenseurs Viau appliquaient une méthode de contrôle des énergies conforme au Règlement sur la santé et la sécurité du travail (RSST) pendant les inspections visuelles, alors que le trottoir roulant était en marche », écrit encore la CNESST.

À la suite de cet accident, la CNESST a remis un constat d'infraction à l'entreprise Ascenseurs Viau. L'amende peut aller de 16 317 $ à 65 269 $ pour une première infraction de ce type et jusqu'à 326 349 $ en cas de récidive.

Ascenseurs Viau et l'Université de Montréal se sont vu exiger de mettre au point une méthode et des procédures sécuritaires de contrôle des énergies dangereuses. La loi stipule que tout employeur a l'obligation de s'assurer que l'organisation du travail ainsi que les équipements, les méthodes et les techniques pour l'accomplir sont sécuritaires.

Plus d'articles

Commentaires

Vidéo du jour


Une caméra de sécurité montre quelque chose d'extraordinaire





Rabais de la semaine