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Mort de cinq jeunes à Manawan : les familles s'impatientent

Le 26 juin 1977, cinq jeunes Autochtones perdaient la vie dans un accident près de Manawan. La Sûreté du Québec a repris l'enquête en 2016 et le rapport a été remis à la Direction des poursuites criminelles et pénales (DPCP) en décembre dernier. Mais depuis, aucune nouvelle.

Un texte de Francis Labbé

Cette tragédie a frappé la communauté atikamekw de Manawan, dans la région de Lanaudière, il y a 40 ans. Cinq jeunes Autochtones ont perdu la vie lorsque le véhicule à bord duquel ils prenaient place avec deux non-Autochtones s’est retrouvé immergé dans la rivière du Milieu, située à une vingtaine de kilomètres au nord de Saint-Michel-des-Saints.

« La blessure est toujours là. On se souvient de cette tragédie comme si c'était hier », raconte Angèle Petiquay, qui a perdu son frère cette nuit-là. Selon elle, la communauté n'a toujours pas pu panser ses plaies, même 40 ans plus tard.

Les deux non-Autochones qui les accompagnaient, dont le conducteur, s’en sont sortis indemnes. Ils ont mis près de huit heures à contacter les policiers. Dans son rapport, le coroner de l’époque avait conclu à la conduite avec les facultés affaiblies. Mais il n’y a pas eu d’enquête policière, ni autopsie, ni aucune accusation.

À la suite de notre reportage sur le sujet l’an dernier, la Sûreté du Québec a rouvert l’enquête, et a remis son rapport à la DPCP en décembre dernier.

La décision de la DPCP, quant à savoir si des accusations allaient être déposées ou non contre le conducteur du véhicule, se fait toujours attendre. « Ils nous ont dit que ce serait en avril, puis en mai, mais depuis, plus rien », commente Angèle Petiquay.

Au bureau de la DPCP, on affirme que le dossier est toujours à l'étude.

Négligence criminelle?

Pour l’Association des familles de personnes assassinées ou disparues (AFPAD), qui appuie les familles de Manawan dans ce dossier, au moins un chef d’accusation pourrait être retenu : celui « de ne pas avoir porté secours à autrui ou négligence criminelle », affirme Nancy Roy, avocate et directrice générale de l'AFPAD.

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