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Mulcair défend le bilan du NPD et attaque Harper sur le front économique

« Je crois entendre que vous avez peut-être des questions pour moi », a lancé, sourire en coin, le chef du Nouveau Parti démocratique, Thomas Mulcair, à l'attention des journalistes présents à son point de presse au parc du Mont-Royal, à Montréal, son premier depuis le lancement de la campagne électorale, dimanche dernier. Son choix de ne pas accepter de questions à ce moment-là lui avait valu des critiques.

Un texte de Marc-Antoine Ménard

Le chef du NPD a répondu notamment aux attaques de son adversaire conservateur, Stephen Harper, qui a déclaré lundi que le contingent de députés néo-démocrates du Québec a été « le plus inefficace » de l'histoire parlementaire canadienne.

Celui qui se présente maintenant comme « Tom » Mulcair, du moins sur ses affiches électorales, a insisté sur le fait que le NPD s'était opposé au projet de loi antiterroriste C-51, en raison des risques qu'il posait pour les libertés individuelles, alors que les conservateurs et les libéraux l'ont appuyé et en ont permis l'adoption.

M. Mulcair a mentionné que le travail des néo-démocrates avait permis notamment d'éliminer les frais bancaires excessifs et la taxe sur les produits hygiéniques féminins, de bannir les microbilles de plastique et d'obliger les agents du Parlement à être bilingues.

M. Mulcair a soutenu que Stephen Harper était passé comme un « rouleau compresseur » sur les deux chefs de l'opposition officielle précédents, des libéraux, ce qui n'était pas le cas avec lui. « Avec moi en train de lui poser des questions, il n'aimait vraiment pas ça, venir à la période des questions! » a-t-il lancé.

L'importance des ressources naturelles

Au sujet du projet de pipeline Énergie Est, et en réponse aux critiques du Bloc québécois qui juge sa position ambiguë, Thomas Mulcair affirme qu'il ne peut donner de réponse définitive, sans un « système crédible et complet d'évaluation environnementale ».

« Amener nos ressources naturelles vers les marchés est une priorité », a néanmoins déclaré M. Mulcair, soulignant que tous les projets de Stephen Harper en ce sens avaient échoué en raison des lacunes dans l'évaluation environnementale.

« Conservateurs et libéraux préconisent le projet d'oléoduc Keystone XL qui va créer 40 000 emplois aux États-Unis. Moi, je préfère créer 40 000 emplois au Canada », a dit le chef du NPD, en pensant aux raffineries qui recevraient le pétrole brut.

Ajoutant à cette critique économique du gouvernement sortant, le chef du NPD a rappelé que les conservateurs n'avaient délégué aucun représentant au récent salon aéronautique du Bourget, alors que le président américain fait la promotion des appareils Boeing à l'étranger. « Je veux être un champion de l'industrie manufacturière », a promis M. Mulcair.

Le chef néo-démocrate a aussi abordé le sujet des accords commerciaux, comme le pacte de libre-échange avec l'Europe et le Partenariat transpacifique, insistant sur le fait que le texte des ententes n'a pas été rendu public. Selon M. Mulcair, de nombreuses questions doivent être posées pour répondre, par exemple, aux inquiétudes des agriculteurs quant au maintien d'un système de gestion de l'offre pour les produits laitiers, les oeufs et la volaille.

« Qu'arrivera-t-il? Qu'est-ce qui sera sur la table avec M. Harper qui négocie cela en plein cœur d'une campagne électorale? » s'est interrogé Thomas Mulcair. « Il est faible, il est vulnérable. Il n'a jamais été un très bon négociateur », a-t-il ajouté.

Le chef du NPD a expliqué son choix de tenir un point de presse sur le mont Royal par le fait que c'est à cet endroit qu'il avait lancé sa campagne pour devenir député néo-démocrate d'Outremont, il y a huit ans. Il est revenu sur son parcours aux côtés de feu Jack Layton, qui a amené le NPD au statut d'opposition officielle, grâce au fort appui du Québec.

« En 2011, les Québécois et Québécoises ont répondu à l'appel. Le Québec a fait un choix clair [...] Maintenant, le temps est venu pour le reste du Canada de compléter ce travail de changement commencé ici, au Québec, en 2011 », a souhaité Thomas Mulcair.

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