MONTRÉAL - Ce qui s'annonçait un duel prometteur entre Andy Murray et Kei Nishikori a tourné au massacre samedi soir sur le terrain central du Stade Uniprix.

Un texte de Alexandre Gascon

Au grand déplaisir des spectateurs d'ailleurs qui se sont mis à huer copieusement Nishikori, qui a semblé abandonner après la perte de la première manche, visiblement incommodé physiquement.

Sa présence en finale, grâce à une victoire de 6-3 et 6-0, assure Murray de retrouver le rôle de dauphin à Novak Djokovic au classement de l'ATP. Ce qui a réjoui le principal intéressé. 

« Avec tout ce qui est arrivé l'an dernier, ma sortie du top 10 mondial, ça fait du bien d'être de retour là. »

De son côté, le Japonais, en pleine ascension sur le circuit, a créé l'illusion pendant sept jeux au cours desquels les deux belligérants se sont ravis quatre fois leur service.

À service égal, 3-4 et 40-0, Nishikori a perdu cinq points d'affilée. Ç'aura été le coup de grâce. Murray a enchaîné avec les sept jeux suivants et mis fin au débat...si débat il y a jamais eu.

« C'était difficile pour lui de perdre ça, mentalement. (...) Au début du match j'avais à travailler très fort pour gagner mes points au service », a ajouté l'Écossais.

Si loin de son niveau de vendredi soir lorsqu'il a écrasé Rafael Nadal, Nishikori était complètement dépassé par les retours de Murray qui se régalait de ses offrandes.

L'Écossais a souligné à grand renfort de coups droits la faiblesse flagrante de son adversaire, le service, spécialement les deuxièmes balles.

En première manche, il s'est offert des balles de bris sur tous les jeux au service du Japonais et en a converties trois. Ce qui, on s'en doute, n'est pas l'idéal si l'on s'appelle Nishikori et que l'on souhaite faire trébucher le troisième joueur mondial.

La quatrième tête de série s'est mise à traîner ses lacets dès le départ du deuxième engagement et n'a jamais su renverser la vapeur, peut-être éreintée par ses dix matchs disputés en 12 jours en raison de sa victoire la semaine dernière à Washington.

Nishikori, laconique

Le quatrième joueur mondial s'est présenté devant les médias sur une jambe, en boitant. Impossible de lui soutirer une confidence toutefois, il est demeuré stoïque tout du long. 

« Je suis correct », a-t-il répété.

« Ce n'était pas mon meilleur jour. (...) C'est de la fatigue. »

Heureux de son parcours jusqu'en demi-finales à Montréal, Nishikori dit « espérer » pouvoir jouer le tournoi de Cincinnati, prochain arrêt sur le calendrier, qui débute lundi.

À Wimbledon, le Japonais de 25 ans avait déclaré forfait avant son match de deuxième tour en raison d'une blessure à un mollet gauche. 

Murray pour remettre les pendules à l'heure

Voilà plus de deux ans qu'Andy Murray n'a pas vaincu Novak Djokovic, ce qui représente une jolie séquence de huit succès de rang pour le Serbe. 

« Je n'étais pas très loin de lui dans les tournois majeurs cette année », a-t-il rappelé avec justesse (défaite en 4 manches en Australie et en 5 à Roland-Garros). 

« (Novak) frappe bien la balle des deux côtés. Il sert bien, il retourne bien, il est un superbe athlète et a de l'endurance. Il n'y a pas vraiment de failles dans son jeu. »

S'étant couché à plus de trois heures du matin dans la nuit de vendredi à samedi, l'Écossais misera d'abord et avant tout sur la récupération avant la finale programmée pour 15 h. 

La deuxième tête de série a soulevé le trophée au Canada en 2009 et 2010. Il s'agira de la 28e confrontation entre Djokovic et lui, le Serbe menant largement 19-8.

Le numéro un mondial n'a plus connu la défaite contre l'Écossais depuis la finale de Wimbledon en 2013.

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