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Naomy Grand'Pierre veut apprendre la nage aux Haïtiens

L'athlète olympique Naomy Grand'Pierre a organisé un atelier de natation destiné aux jeunes Haïtiens de Montréal, vendredi après-midi, au Stade olympique. Pour elle, c'est une façon d'apporter son soutien à cette communauté et aux nombreux réfugiés qui affluent dans la métropole depuis quelques semaines.

Un texte de Julien Lamoureux

« Mes parents ont immigré d’Haïti à Montréal, et on est ensuite allés vivre aux États-Unis, raconte-t-elle. Si je suis ici présentement, c’est grâce à l’immigration. » Elle veut maintenant donner au suivant et « offrir des solutions » à travers le sport à ceux pour qui l’arrivée au Canada peut être laborieuse.

Naomy est la première femme à avoir participé aux Jeux olympiques en natation sous le drapeau de la « Perle des Antilles ». Ses efforts lui permettront peut-être de ne pas être la seule à faire le voyage à Tokyo, en 2020.

C’était le premier événement du genre qu’elle tenait en sol canadien. Elle espère qu’elle pourra répéter l’expérience dans ses temps libres, entre son stage à Atlanta, ses études à Chicago et la compétition au sein du réseau universitaire américain.

Sa mère, Clio Grand’Pierre, a précisé que la noyade est une cause de décès importante chez les Haïtiens - à la fois chez ceux qui vivent encore dans le pays que chez ceux qui font partie de la diaspora. Trois de ses cousines, dont une qui habitait Boston, ont ainsi perdu la vie.

Pour Clio, la natation est également « un sport extraordinaire » qui enseigne aux jeunes le dépassement de soi et qui leur donne envie d’atteindre l’excellence. « Notre but premier, c’est de le populariser dans la communauté haïtienne. »

« Il n’est jamais trop tard pour commencer, et ils apprennent très vite! », a indiqué Naomy au sujet de ses élèves du jour. « S’ils continuent et se pratiquent tous les jours, ils peuvent devenir des [athlètes olympiques]. Ça prend de la détermination! »

À quelques pas des réfugiés

Pas très loin du bassin où Naomy a présenté à des jeunes les rudiments de la nage, des centaines de réfugiés haïtiens ont établi leur domicile temporaire. Pour ses compatriotes en position difficile, elle ne ressent que de la compassion.

« Le Canada représente un pays neutre; un pays qui est là pour aider les gens. Je trouve que pour les Haïtiens et pour tout le monde, quand il y a des grands problèmes, c’est normal de se dire qu’on va aller au Canada. »

Sa mère estime que l’actualité des dernières semaines ajoute une connotation spéciale à l’événement de sa fille.

« Une des choses qu’on veut travailler, c’est la couverture médiatique internationale de notre pays, explique-t-elle. On a tendance à montrer la pauvreté et le négatif. Oui, la pauvreté existe, mais il n’y a pas juste ça. »

En changeant le discours sur Haïti, elle espère qu’au lieu de voir des milliers d’habitants quitter la contrée, on assistera à un retour d’exilés qui veulent y bâtir un pays plus fort.

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