À 21 ans, le Canadien Nicholas Latifi est dans l'antichambre de la formule 1. Il est présentement au 8e rang du classement de la formule 2, la série la plus relevée avant la F1.

Un texte d’Antoine Deshaies

Pourtant, il serait surprenant que Latifi fasse le saut en formule 1 comme pilote de course dans un avenir rapproché. Lui-même, sans l’avouer ouvertement, sait que ses chances d’accéder au sommet de la pyramide automobile sont modestes.

« Si l’on analyse mes chances du point de vue de ma progression et de mes performances, je ne suis qu’à une étape de la F1, raconte Nicholas Latifi. Mais pour y accéder, il faut que plusieurs pièces tombent en place au bon moment. Malheureusement, ce n’est pas que la performance en piste qui compte. »

Jamais dans l’entrevue Latifi n’évoquera l’argent. Mais c’est l’éléphant dans la pièce. Son père, Michael Latifi, est président de Sabina Foods Inc, le deuxième géant alimentaire en importance au Canada après Maple Leafs Foods.

Monsieur Latifi est certes fortuné, mais il ne semble pas avoir un intérêt aussi marqué que Lawrence Stroll, le père de Lance, pour la course automobile. Pourtant, vous ne trouverez pas une once de jalousie dans le discours de Nicholas.

« Lance n’a pas eu à passer par la F2 pour accéder à la formule 1, mais je suis heureux que des équipes fassent confiance à de jeunes pilotes comme lui et Max Verstappen. Si les jeunes font bien, ça encourage les équipes à leur faire confiance.

« Bien sûr, Stroll n’a pas un très bon départ, mais ça n’a rien à avoir avec son jeune âge. Il a de nombreuses années d’expérience. Il doit simplement apprendre. »

Faire ses classes en F2

Son apprentissage, Latifi le poursuit avec l’équipe DAMS, une filiale de la grande famille Renault. En six épreuves cette saison, il a marqué des points dans trois courses seulement.

En 2016, il a obtenu un seul podium en 22 départs.

Plusieurs anciens champions en F2, anciennement appelée GP2, ont fait le saut en formule 1 dont Lewis Hamilton.

Latifi a eu quelques occasions de faire des essais avec la voiture Renault de formule 1, mais pas assez à son goût.

« J’aimerais conduire la voiture en piste plus souvent, je vais être honnête, raconte Latifi. L’an passé, j’ai eu la chance de conduire la voiture 2012. Ça fait partie de mon développement. »

En fin de semaine, il est à Montréal en observateur. Généralement, les courses de F2 sont en même temps que les courses de F1. Il lui est normalement impossible de suivre l’action de la formule 1 des garages de Renault.

« C’est l’occasion parfaite pour moi d’en apprendre sur les coulisses de la course. J’assiste aux réunions techniques, j’écoute les conversations radio. C’est vraiment une bonne école pour moi. »

Il a même eu droit d’assister à la réunion de tous les pilotes le vendredi après-midi.

Des essais mémorables à Barcelone

S’il n’obtient jamais de titre de pilote de course en formule 1, Nicholas Latifi pourra au moins dire qu’il a conduit la Renault 2017 plus tôt cette année à Barcelone.

« C’est l’expérience la plus mémorable de ma vie, relate le pilote de 21 ans, les yeux brillants. C’était ma première occasion de l’année et j’espère en avoir plusieurs autres au cours des prochains mois. »

Latifi n’a pas chômé lors de ces essais. Il a avalé 141 tours de circuit en une seule journée. Il a beaucoup appris au contact de ces nouvelles formules 1.

« Les voitures sont plus grosses et les pneus plus larges, ça rend le pilotage encore plus exigeant, raconte le Torontois. J’ai réalisé que je devais m’entraîner davantage pour mieux encaisser la pression lors des virages et freinages. »

Latifi a son rêve à portée de main. Reste à voir s’il deviendra réalité.

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