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Nouveaux tests à Montréal pour un traitement de la maladie d'Alzheimer

Après des décennies de recherches, la maladie d'Alzheimer est toujours incurable, mais des études internationales auxquelles participe une équipe de recherche de l'Hôpital Maisonneuve-Rosemont pourraient mener à une importante avancée. L'espoir réside de plus en plus dans la prévention.

Un reportage d’Anne-Louise Despatie

Le nombre de personnes souffrant de la maladie d'Alzheimer dans le monde aura doublé dans 25 ans. On parle d'une épidémie en raison du vieillissement de la population.

La recherche en vue de trouver un traitement a causé plusieurs déceptions dans les deux dernières décennies : rien n'a réellement réussi à stopper l'évolution de la maladie.

« De nouveaux traitements, qui ont vraiment un effet incisif sur la maladie, on n'en a pas trouvé. C'est un peu le Saint-Graal qu'on cherche depuis au moins 20 ans », constate le neurologue à l’Hôpital Maisonneuve-Rosemont Alain Robillard.

Nouvel essai clinique

Le docteur Robillard ne baisse pas les bras, puisque l'équipe de recherche clinique de l'Hôpital Maisonneuve-Rosemont participe à deux études internationales. Des patients ont été sélectionnés selon des critères stricts pour évaluer l'efficacité d'un nouveau médicament.

L'un de ces essais cliniques est en phase 3; c'est donc qu'il s'est montré sécuritaire, mais les chercheurs doivent encore mesurer son efficacité.

« Généralement, ça peut prendre 10 à 15 ans avant de voir le médicament sur le marché; et si on arrive à la phase 4, c'est à ce moment-là qu'on va chercher des milliers de participants dans divers hôpitaux », explique Ginette Chouinard, coordonnatrice de la recherche clinique au même hôpital.

Toutefois, l'infirmière d'expérience, qui entoure les patients et leur famille, affirme que le protocole de recherche veille à ce que son jugement clinique ne soit pas brouillé par l'espoir.

Tout est fait pour préserver l'objectivité. Les patients sélectionnés continuent de prendre les médicaments habituels tout en recevant la molécule de recherche ou un placebo. Jamais le médecin, le personnel de l'hôpital ou le patient ne saura ce qui est donné aux participants de l'essai clinique.

La prévention a fait ses preuves

On cherche toujours à comprendre la maladie d'Alzheimer et d'autres formes de démence. Mais faute de pouvoir guérir, on peut prévenir, croient les chercheurs.

« On voit, avec des interventions chez les plus jeunes, [qu'en contrôlant les] coupables habituels que sont l'hypertension, le cholestérol, le diabète, la sédentarité et le tabagisme, on réduit les risques et on retarde la survenue de la maladie d'Alzheimer de façon significative. Et ça, c'est documenté », affirme le docteur Robillard.

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