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Nouvelle offensive contre l'intimidation dans le sport

Jean-Luc Brassard s'est avancé au podium, prêt à lire un passage d'un texte rédigé au cours du procès de l'ex-entraîneur de ski Bertrand Charest, en mars dernier. Camoufler les abus pour protéger une image, écrivait-il alors, donne du pouvoir à l'agresseur.

Brassard et quatre collègues du milieu sportif, en collaboration avec le gouvernement du Québec, Sport’Aide et Sports Québec, veulent remettre le pouvoir entre les mains des victimes et de ceux qui désirent tout simplement pratiquer leur sport favori.

Ils ont présenté, vendredi, à l'Institut national du sport du Québec, une série de mesures pour rehausser l’éthique et la sécurité. Cette annonce, comme l’a rappelé Brassard, tombait malheureusement à point, après une succession de dénonciations dans le monde du sport et ailleurs.

« C’est important que tout ce qui arrive en ce moment ne soit pas qu’une mode, que les mots-clics ne soient pas utilisés que pour une semaine, a martelé l’ancien champion de ski acrobatique. On va rester sur les lieux d’un accident, d’un délit de fuite, pour pouvoir aider les policiers à faire leur travail. Comment se fait-il que, dans un bureau, on reste les deux bras croisés à voir quelqu’un se faire insulter et harceler, sexuellement ou non, sans rien dire? »

L’apprentissage par l’exemple, comme l’a rappelé le ministre de l’Éducation, du Loisir et du Sport, Sébastien Proulx, a fait ses preuves. Voilà pourquoi Jean-Luc Brassard, l’ex-volleyeuse Guylaine Dumont, la journaliste Chantal Machabée, la joueuse de rugby Karen Paquin et le joueur de soccer Patrice Bernier seront dorénavant des ambassadeurs de l’esprit sportif.

Ensemble, ils mettront en avant des valeurs positives et feront la promotion de ressources pour assurer aux jeunes une pratique sportive saine et agréable. Vendredi matin, Brassard a aussi interpellé les hommes, qui ont un rôle primordial à jouer dans la situation actuelle, selon lui.

« J’ignore d’où vient cette idée quasi sauvage d’être l’espèce d’homme agresseur qui va trouver sa force en imposant sa loi, a indiqué Brassard. C’est complètement dépassé. C’est une minorité, mais c’est à nous tous d’en parler de plus en plus, pour faire en sorte que ce genre de chose n’arrive plus jamais. Il faut assumer notre masculinité de façon adéquate et non en devenant un agresseur. »

Un vieux rêve

Guylaine Dumont était tout aussi inspirée. Cofondatrice de l’organisme Sport’aide, qui recevra un investissement de plus de 2 millions de dollars de Québec, elle s’est donné pour mission de combattre les abus dans le sport en offrant accompagnement, écoute et orientation aux jeunes.

Pour l’ex-olympienne, la journée de vendredi était « l’aboutissement d’un vieux rêve ».

« Ça fait longtemps que j’ai cette annonce en arrière de la tête, a-t-elle poursuivi. Je suis heureuse d’avoir persévéré pour la création de Sport’aide. C’est un moment important pour le milieu sportif. J’ai l’impression que nous contribuons à donner espoir – particulièrement en cette semaine de révélations-chocs – aux jeunes. »

Compte tenu du contexte, le ministre Proulx et sa collègue responsable des Aînés et de la lutte contre l’intimidation, Francine Charbonneau, jugent que l’annonce arrive à un bon moment. Ils ont notamment souligné l’importance de trouver des solutions concrètes comme la nouvelle plateforme SportBienÊtre, guichet unique de ressources pour favoriser un environnement sportif sain et sécuritaire.

« Comme vous le savez, les comportements inadmissibles peuvent être présents dans tous les milieux de vie, dont le milieu sportif, a déclaré la ministre Charbonneau avant de marquer une pause. Des fois, les circonstances font en sorte qu’on se retrouve dans des semaines particulières. Ce matin, ce petit paragraphe prend tout son sens. »

Plaidoyer pour l'éducation sexuelle

Le ministre Proulx a par ailleurs répété qu’il était nécessaire d’offrir des cours d’éducation à la sexualité à tous les enfants québécois. Environ 200 écoles sur une possibilité de 3000 proposent actuellement ces apprentissages.

« Il faut passer à l’autre étape, a soutenu M. Proulx. Il faut que tous les enfants y aient accès. Je pourrais dire, aujourd’hui, que nous allons le rendre obligatoire en 2018, mais il faut trouver la bonne façon pour que ça se fasse, pour que la formation soit au rendez-vous. Et pour ça, j’ai besoin que le milieu scolaire, les enseignants et les autres intervenants embarquent. Il faut que les écoles et les commissions scolaires répondent présent. »

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