Retour

Nouvelles hausses de taxes pour la majorité des Montréalais

C'est un budget équilibré de 5,2 milliards de dollars marqué par de nouvelles hausses de taxes pour les propriétaires d'immeubles résidentiels et commerciaux que le maire Denis Coderre a présenté mercredi aux Montréalais.

Les premiers verront leur avis d'imposition grimper de 1,7 % en moyenne, contre 0,9 % pour les seconds, si l'on tient compte non seulement de la hausse décrétée par la ville-centre, mais aussi des décisions prises par les arrondissements.

Les propriétaires qui subiront la plus importante hausse sont ceux de Rosemont-La Petite-Patrie (2,6 %), de Côte-des-Neiges-Notre-Dame-de-Grâce (2,5 %) et d'Outremont et du Plateau-Mont-Royal (2,4 %). Ceux qui habitent LaSalle et Anjou verront plutôt leurs impôts diminuer de 1,7 % et 1,3 % respectivement, grâce aux décisions de leur arrondissement.

Pour voir ce graphique sur votre appareil mobile, cliquez ici.

La hausse moyenne de 1,7 % pour les propriétaires est tout juste inférieure au taux d'inflation de 1,8 % prévu pour 2017 par la Conference Board. C'est aussi l'augmentation la plus faible des huit dernières années.

Les commerçants qui devront assumer les hausses les plus importantes sont ceux d'Outremont (3,1 %), du Sud-Ouest (2,3 %) du Plateau-Mont-Royal et de Rosemont-La Petite-Patrie (1,9 %). Là encore, ceux de LaSalle et Anjou sont les seuls qui paieront moins, avec des baisses de 0,6 % et 0,5 %.

Le budget de la Ville de Montréal est en hausse de 140,5 millions de dollars (2,8 %), mais l'administration Coderre se défend de faire de folles dépenses et assure qu'elle fait d'importants efforts pour les réduire.

Pour voir ce graphique sur votre appareil mobile, cliquez ici.

La hausse s'explique selon elle par trois facteurs : une augmentation de 120 millions de dollars des paiements en argent comptant pour certaines immobilisations, une hausse de 35,6 millions de ses contributions au transport collectif, et une somme de 12 millions prévue pour l'élection municipale de novembre 2017.

En excluant ces trois éléments, le budget de fonctionnement de la Ville est en baisse de 0,5 %.

La Ville explique que sa stratégie de payer des immobilisations comptant, déjà en place, vise à assurer une certaine équité intergénérationnelle, puisque cela évite de payer des taux d'intérêt sur des emprunts. Au total, la Ville dépensera 321,4 millions dans le cadre de cette stratégie l'an prochain, contre 204,6 millions en 2016.

Ces paiements continueront d'augmenter de 80 millions par année jusqu'en 2024.

Pour voir ce graphique sur votre appareil mobile, cliquez ici.

La Ville déclare par ailleurs qu'elle prévoit supprimer 99 postes supplémentaires en 2017, dans le cadre de son plan quinquennal de main-d'oeuvre, qui visait à supprimer 2200 postes au total, soit 10 % de l'effectif.

Elle prévoit toutefois en créer 249 autres, dont 55 pour ce qu'elle appelle l'« agenda de vigilance » du Service de police de la Ville de Montréal. Quarante-neuf de ces postes seront cependant financés par d'autres institutions, dont 25 par la Caisse de dépôt et placement du Québec, pour le Réseau électrique métropolitain.

La rémunération globale des employés devrait diminuer de 51,5 millions au cours de l'année prochaine. Cette rémunération ne compte plus que pour 44,2 % des dépenses de la Ville, contre 51,2 % en 2014.

Les bons rendements des actifs des caisses de retraite et les effets de la loi 15 adoptée par le gouvernement Couillard ont aussi permis de réduire la contribution de la Ville au régime de retraite, qui passera de 305,8 millions cette année à 236,7 millions l'an prochain.

La Ville anticipe par ailleurs une baisse de 3,5 % des dépenses qu'elle consacre au déneigement, en raison, entre autres, du regroupement des contrats accordés à cette fin. Il en va de même pour la collecte des déchets, qui devrait coûter 3 % de moins puisque le tonnage des ordures ménagères diminue, tout comme le coût des contrats.

Le service de la dette augmente également de 20 millions de dollars, pour s'établir à un peu plus de 888 000 $. La dette nette de la Ville s'élève à 4,76 milliards de dollars.

Coderre fier de son bilan

En conférence de presse, le maire Denis Coderre a souligné que ce quatrième budget déposé par son administration avait toutes les allures d'un bilan dont il se dit « extrêmement fier ». Il assure avoir suivi son « plan de match » initial, qui consistait à freiner les dépenses afin d'obtenir la marge de manoeuvre nécessaire pour investir dans les infrastructures.

« Si je devais résumer le budget de 2017 en seul mot, je choisirais celui de discipline », a-t-il dit, critiquant au passage de précédentes administrations qui se « lâchaient lousse » lors d'années électorales. « Ce budget-là est aussi un antidote contre le cynisme politique », affirme-t-il.

Le maire se félicite particulièrement d'avoir réussi à redonner une santé financière à la métropole, grâce notamment à la baisse de la rémunération globale des employés municipaux.

On pose des bons gestes. Le plan fonctionne. [...] On a le contrôle de nos dépenses.

Denis Coderre, maire de Montréal

Le maire réitère par ailleurs qu'il attend toujours le dépôt par le ministre des Affaires municipales, Martin Coiteux, du projet de loi sur le statut de métropole qu'il réclame depuis longtemps. Cela permettra notamment de poser des gestes concrets pour venir en aide aux commerçants, dit-il. Le maire croit que le projet de loi sera déposé d'ici la fin de l'année et qu'il pourra être adopté au début de 2017.

Le président du comité exécutif de la Ville, Pierre Desrochers, a déclaré que le budget n'était « pas très excitant », avant d'ajouter : « Pour nous, la continuité, c'est une bonne nouvelle. Ça veut dire que notre plan fonctionne. » Selon lui, Montréal se trouve en « bien meilleure position aujourd'hui », grâce à un « travail rigoureux » et à une « gestion responsable ».

Plus d'articles

Commentaires

Vidéo du jour


Un rottweiler goûte à du citron pour la première fois





Rabais de la semaine