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Nouvelles mosquées et nouvelles synagogues : que faire?

Au cours de la dernière année à Montréal, la question de nouveaux lieux de cultes comme des mosquées ou des synagogues divise. Quelle est donc la solution pour que les uns puissent prier dans un nouvel espace qui leur est réservé sans que les autres se sentent lésés?

En juin 2016, après un référendum dans l'arrondissement Ahuntsic-Cartierville, des musulmans n'ont pas pu obtenir leur mosquée et leur centre communautaire dans la rue Legendre. Certaines voix se sont élevées pour dire que le résultat du référendum était de l'islamophobie. La semaine dernière, lors d'un référendum à Outremont, des résidents ont maintenu l'interdiction de lieux de culte sur deux artères commerciales, la rue Bernard et la rue Laurier. Alors que certains s'inquiètent, d'autres s'interrogent sur les façons de faire pour intégrer dans les quartiers de nouveaux lieux de culte.

Non aux référendums?

Tant à Outremont qu'à Ahuntsic-Cartierville, c'est un référendum qui a tranché la question. Pour le professeur à la Faculté de droit de l'Université McGill, Daniel Weinstock, un tel vote populaire n'a pas sa place. « Les compromis peuvent créer de la confiance, à ce que des ponts durables se fassent entre les communautés. Les référendums où on tranche par A ou par B, c'est du perdant-perdant, pas du gagnant-gagnant. Ça peut causer des dégâts dans les communautés, il y a un bris de confiance », dit-il.

Même son de cloche à l'UQAM. « Les référendums braquent la population, c'est oui ou c'est non. Il n'y a pas d'espace de compromis », affirme le professeur de sociologie Joseph Yvon Thériault.

Oui aux référendums, mais...

Le maire de l'arrondissement Plateau-Mont-Royal, Luc Ferrandez, n'est pas contre la tenue d'un référendum pour l'établissement de nouveaux lieux de culte, mais à certaines conditions. Il milite pour que la question des lieux de culte soit intégrée dans des plans d'urbanisme. « La crainte de 80 % des gens, c'est le bruit et le stationnement. Il y a aussi le mauvais usage d'un immeuble, ce pour quoi il avait été construit. Et c'est ça qu'il faut régler d'abord. Il faut intégrer ces immeubles-là dans leur environnement », estime Luc Ferrandez. « Dans certaines religions, ils vont dans leur lieu de culte plusieurs fois par jour ou plusieurs fois par semaine. De dire qu'on va les mettre dans une zone résidentielle, là où ça ne dérange personne, ce n'est pas une solution. Il faut négocier, faire de preuve de rigueur et puis les accepter », ajoute-t-il

De la conversation

Une semaine après le référendum qui leur interdit d'avoir une nouvelle synagogue rue Bernard, à Outremont, des juifs hassidiques sont mécontents et parlent de faire appel aux tribunaux. Leur porte-parole lance un appel à la discussion. « Pourquoi ne pas s'asseoir avec nous pour trouver des solutions. Il y avait beaucoup de solutions possibles pour trouver des compromis », propose Abraham Ekstein.

Le maire de Montréal, Denis Coderre, est ouvert à un plus grand dialogue pour les nouveaux lieux de culte. « Peut-être faudrait-il organiser une table ronde avec l'ensemble des partenaires pour parler. Les deux parties font partie de la solution », a-t-il affirmé plus tôt cette semaine.

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