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Obamanie à Montréal : un public en quête d’espoir

Parmi la foule de milliers de personnes venues entendre Barack Obama au Palais des congrès à Montréal, une majeure partie d'entre eux espéraient être témoins d'un moment historique ou encore obtenir un remède contre le cynisme politique ambiant. Certains ont été comblés, tandis que d'autres auraient espéré un peu plus de profondeur ou de mordant dans le discours de l'ex-président.

Un texte de Marie-Claude Frenette

Avant la conférence, plusieurs personnes s'attendaient à être inspirées par un orateur de talent ou encore à être emportées par une vague d’espoir. « La peur devrait être remplacée par l'espoir », a justement déclaré Barack Obama à l’auditoire, mardi soir.

Carole Woods et son mari Barry Taylor, un couple à la retraite de Magog, ont payé chacun payé 224 $ pour assister à la conférence organisée par la Chambre de commerce de Montréal.

Carole Woods n’a d’ailleurs aucun problème à ce que l’orateur soit grassement payé pour sa prose. « S’il a le talent de parler et que les gens l’admirent, je ne vois pas pourquoi il ne pourrait pas profiter de ça pour faire de l’argent », soutient-elle.

Elisabeth Nkyeri, une jeune comptable montréalaise, attendait le discours d’Obama avec impatience. Sur l’heure du dîner, elle était déjà venue jeter un coup d'œil aux préparatifs.

Émilie Jutras, une avocate de 33 ans de Montréal, avait, quant à elle, offert les billets pour la conférence en cadeau à son père, Michel Jutras.

« Barack Obama a une personnalité particulière. Il est une bonne personne comparativement à Donald Trump. J’aime le pragmatisme d’Obama. Je crois qu’il va peut-être calmer le jeu en disant que les Américains aiment bien les Canadiens », affirmait son père, Michel Jutras, 61 ans, avant le discours.

L’ex-président des États-Unis a d’ailleurs fait plusieurs fois allusion « aux valeurs communes » des Canadiens et des Américains, comme le pluralisme, l’ouverture, la liberté d’expression et la démocratie. Il a évoqué le travail commun des deux pays pour faire aboutir l’Accord de Paris sur le climat, notamment.

De grandes attentes

La lutte aux changements climatiques est un autre enjeu souvent évoqué par le public venu écouter l'ex-président. Philippe Deschênes, un ingénieur informatique de Montréal, souhaitait qu’il aborde ce thème.

Bien qu’Obama se prononçait devant un auditoire conquis d’avance, bien des personnes présentes ont tout même pris le temps de réfléchir sur les propos présentés par la vedette de la soirée.

L’ancien directeur du journal Le Devoir, Jean-Louis Roy, bien au fait des enjeux de politique internationale, est ravi d’avoir pu être dans la même pièce que le « personnage Barack Obama ».

Cependant, il croit que ses propos auraient pu aller plus en profondeur sur certains points.

Louise Toutée, une jeune fille de 17 ans, s’attendait aussi à un peu plus du discours.

« J’ai retenu qu’il voulait envoyer un message d’espoir, qu’il voulait parler de l’avenir, mais il n’a pas fait de retour sur sa présidence en elle-même. Il a beaucoup parlé des liens entre le Canada et les États-Unis, mais il n’a pas parlé de façon aussi concrète que j’aurais espéré. Il parlait beaucoup de grands idéaux, mais pas beaucoup de politiques précises », conclut-elle.

Elle est d’ailleurs aussi critique par rapport à la présidence de l’ex-chef d’État.

Michael, un Montréalais qui travaille dans les technologies de l’information, a dit de son côté apprécier le positivisme de M. Obama « compte tenu de la situation politique actuelle aux États-Unis ».

« Je crois qu’une bonne partie du travail qu’Obama a fait a mis son pays sur la bonne voie. Il a lui-même reconnu toutefois ne pas en avoir assez fait sur certains enjeux. On a beaucoup parlé du fait qu’il était le premier président afro-américain, mais on peut presque plaider que les tensions raciales aux États-Unis se sont empirées durant sa présidence », ajoute Michael.

Tout pour l'apercevoir

Jiliani Louis originaire de Miami en Floride, mais en voyage à Montréal avec sa mère et son frère, attendait près dans l’entrée du Palais des congrès en après-midi. Après avoir appris que Barack Obama donnait un discours dans la métropole, ils espéraient l’apercevoir, même sans billet.

« Obama m’a donné une raison de croire que j’étais aussi bien que les autres », dit-elle.

Jennifer Brodeur, de l’entreprise JB Skin Guru, s’occupe des soins de la peau de Barack et Michelle Obama depuis trois ans. C’est Oprah Winfrey qui l’a référée aux Obama.

Grâce à cette relation, elle occupait une place à la table d’en avant, directement en face de la scène. « C’est un homme honnête et progressiste. À Montréal, nous sommes des gens très ouverts et je crois que les Montréalais, nous aimons cela », témoigne-t-elle.

Sa place a dû faire l’envie de nombreuses personnes, puisqu’au fond de la salle, la silhouette de Barack Obama était de la taille d'un grain de riz. Les écrans géants compensaient.

Néanmoins, Max Lirsen, un admirateur de Barack Obama qui occupait le siège le plus éloigné, semblait bien heureux de son sort.

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