Il n'est pas nécessaire d'être un grand oracle pour s'apercevoir de la rivalité grandissante entre le Canadien et les Rangers, mais Nathan Beaulieu s'est assuré que ce soit bien clair pour tous.

Un texte d'Alexandre Gascon

« C’est la deuxième fois qu’on s’affronte en séries (en finale de l’Est en 2014, NDLR) et on ne s’aime pas », a lancé le défenseur du Canadien après l’entraînement matinal, jeudi.

Les Rangers et le Canadien ont démontré leur inimitié à quelques reprises durant la série. Shea Weber avait un peu calmé les esprits après son furieux combat contre J.T. Miller lors du deuxième match.

Le Tricolore a toutefois relancé les hostilités, que ce soit avec les charges contrôlées de Brendan Gallagher sur Henrik Lundqvist, les caresses capillaires de Steve Ott ou encore le coup de bâton vicieux d’Alexander Radulov sur Brendan Smith.

« C’est encore un peu tôt, mais chaque fois qu’une série s’étire, ça engendre une rivalité. C’est le cas présentement », a ajouté Beaulieu.

Un peu de contexte. On entend continuellement depuis le début de l’affrontement que c’est « beaucoup plus physique que prévu ».

C’est exactement ce que venait de réitérer Beaulieu lorsqu’on lui a demandé pourquoi il en était ainsi à son avis.

« C’est une confrontation relevée pour un premier tour, a avancé le jeune arrière de 24 ans. Tu ne vois pas d’aussi bonnes équipes s’affronter au premier tour normalement. On se bat pour chaque pouce de terrain. C’est agréable. On savait que ce serait physique, mais pas autant. »

« C’est une série physique. Parfois quand on se met à dire ça, ça change et ça devient exactement le contraire. Que le match prenne cette tangente-là ou non, on n’a aucun contrôle là-dessus », a expliqué Max Pacioretty.

Un coup d’œil aux chiffres leur donne raison.

Il s’est distribué 367 mises en échec jusqu’à présent dans la série, un sommet dans tous les duels de premier tour en 2017. Les Capitals et les Maple Leafs suivent de près avec 357.

Les Rangers détiennent la palme dans la LNH avec 203 coups d’épaule répertoriés contre 164 pour le CH.

Bizarre pour des équipes qui avaient terminé en milieu de peloton à ce chapitre en saison (Montréal 12e et New York 16e).

Les statistiques avancées laissent souvent croire que l'équipe qui frappe le plus dans un match a moins souvent la rondelle et donc se fait dominer. Ça n'a pas été le cas mardi soir.

Les « Blue Shirts » ont été les plus robustes (43 mises en échec contre 25) et les plus menaçants (32 tirs contre 24).

Le char d’assaut russe

Dans ce contexte, le retour probable d’Alexei Emelin dans la formation partante constitue une excellente nouvelle pour le Canadien.

La réputation du no 74 n’est plus à faire, sa robustesse n’est plus à prouver.

En 76 matchs cette année, le Russe de 30 ans a frappé l’adversaire 241 fois, bon pour le premier rang de son équipe, le 9e à travers la Ligue nationale (LNH).

« Vous le savez, vous l’avez vu jouer souvent, cette série correspond parfaitement à son style. Il est reconnu pour son jeu physique à travers la ligue », a fait valoir Beaulieu, qui sera son partenaire à la ligne bleue jeudi soir s’il est de retour.

Le duel apparaît taillé sur mesure pour le costaud défenseur du Canadien.

« C’est mon hockey, j’aime ça. Les Rangers sont bons, ils sont tough. J’aime ça », a résumé Emelin.

Le défenseur était au cœur de la rivalité avec les Bruins de Boston il y a quelques années. Sa présence ajouterait une nouvelle dimension dans cette série maintenant au meilleur des trois matchs.

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