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Osheaga jour 2 : un feu d’artifice musical signé Muse

Déchaîné, Muse a enflammé Osheaga en clôture de la deuxième journée du festival, samedi soir. Plus tôt dans la journée, Jain et Major Lazer ont également su se faire remarquer.

Un texte d’Antoine Aubert

Muse, incontestable roi de la journée

Nombreux sont ceux qui ont critiqué leurs derniers albums, jugés peu originaux. Néanmoins, quand il s’agit de monter sur scène et d’enthousiasmer des foules, Matt Bellamy, Chris Wolstenholme et Dominic Howard restent d’impressionnants maîtres en la matière. Osheaga en a apporté une nouvelle preuve, pendant 1 h 30.

Si Dig Down s’est avérée rétrospectivement une entrée en matière plutôt tranquille, le reste a été une succession de titres tonitruants, portés par la puissance de la guitare et de la voix de Matthew Bellamy. De Hysteria à Psycho, de Stockholm Syndrome à Dead Inside, anciens comme récents morceaux ont fait mouche.

Quant à Starlight, repris par le public et illuminé par le feu d’artifice, il a été l’une des cerises sur ce gâteau succulent, sans oublier Time Is Running Out et Mercy, ce dernier titre bien accompagné par des milliers de confettis projetés en l’air.

En conclusion, Knights of Cydonia a constitué un bon résumé de la soirée : électrisante et explosive.

Major Lazer : tout pour la fête

Peu après 20 h, le trio américain Major Lazer a transformé Osheaga en boîte de nuit géante. Enchaînant leurs propres succès (Cold Water, Know no Better, Lean On) et ceux des autres (Yeah! de Usher, Humble de Kendrick Lamar, etc.) à une vitesse folle, le spectacle était au final moins sur la scène que dans le public, tant la frénésie créée par les DJ et producteurs a impressionné.

Malin, Major Lazer a également revêtu des maillots des Canadiens de Montréal, histoire de se faire acclamer un peu plus encore, si jamais cela était possible. Ils les ont également fait porter à leurs danseuses qui n’ont cessé de « twerker » pendant près d’une heure. Les derniers titres, joués sous une pluie battante, ont accru cette impression de belle folie qui s’était emparée de Osheaga.

Comme au bon vieux temps avec Liam Gallagher

Les spectateurs d’Osheaga ont été plus chanceux que ceux du festival Lollopalloza de Chicago, jeudi. Liam Gallagher avait quitté la scène après 20 minutes de concert, invoquant des problèmes de voix. Elle semblait en bonne santé, samedi, à Montréal.

À voir l’ex-leader d’Oasis comme à son habitude, hautain, penché devant son micro, les mains derrière le dos ou dans les poches de sa longue veste (en plein soleil!), plusieurs générations se sont retrouvées plongées dans les années 90. Le groupe de Manchester, aujourd’hui séparé, faisait alors les beaux jours du rock britannique.

Porté par cette voix énervée qu’on lui connaît – avec un visage qui lui non plus ne respire pas la sympathie – Liam Gallagher a alterné entre ses nouvelles chansons (Chinatown, Bold, Greedy Soul) et celles d’Oasis (Morning Glory, Slide Away).

Néanmoins, malgré un style musical qui reste proche de celui qui a fait son succès, la recette ne fonctionne plus aussi bien qu’avant. Que manque-t-il? Certains répondront Noel Gallagher, le frère cofondateur du groupe et aujourd’hui critiqué par Liam dans presque toutes ses entrevues.

Le sourire enfin satisfait que l’on arborait en entendant en conclusion Wonderwall, une des plus belles créations d’Oasis, a en tout cas confirmé que, sans démériter, Liam Gallagher en solo n’a pas réussi à prendre le dessus sur son passé.

Jain éblouissante

Les Montréalais avaient déjà pu constater de quoi elle était capable, en avril, au théâtre Corona. Sur la scène de la montagne Osheaga, pour le 200e concert de sa tournée commencée il y a deux ans, Jain a encore fait état de son immense son talent et a conquis son public dès les premières notes de Mr Johnson.

Seule avec sa boîte à rythmes, l’artiste de 25 ans a enchaîné, tout sourire, les succès de son unique album studio Zanaka (Hope, Heads Up ou encore Come). L'opus compte autant de chansons que de tubes en puissance.

Les animations sur l’écran géant installé en arrière ont ajouté un peu plus de couleurs à des airs déjà empreints de chaleur et sur lesquels les spectateurs ont été invités de bout en bout à sauter et danser.

Après un surprenant Impostor Gadget (sur la musique du dessin animé Inspecteur Gadget), l’irrésistible Makeba, hommage à la chanteuse sud-africaine Miriam Makeba, a conclu en beauté l’un des meilleurs concerts de la journée.

Le monde à part de Peter Peter

Comme le Zanaka de Jain, le dernier album de Peter Peter, Noir Éden, constitue une impressionnante réussite artistique. En revanche, le Québécois, de retour à Osheaga après cinq ans d’absence, a paru moins à l’aise que la Française pour interagir avec le public. Il est tout de même descendu quelques secondes voir de près les spectateurs sur Bien réel.

Semblant souvent vivre son propre concert dans sa bulle, celui qui réside aujourd’hui à Paris a fait un bel étalage de cet univers où la mélancolie est reine. Elle a fait son succès des deux côtés de l’océan et parvient à faire son effet sur une scène extérieure d’un festival, un lieu qui lui est pourtant au départ moins propice.

Servies par une musique qui rappelle la pop des années 80, les poétiques Noir Éden, Nosferatu et No man’s Land rendent ainsi tout aussi bien qu’en studio, épicées parfois par quelques notes de guitare électrique bienvenues. La voix à part de Peter Peter, capable de monter dans les aigus de manière surprenante, fait le reste.

DJ Karim Ouellet a mis l’ambiance

Dans la petite serre Perrier, Karim Ouellet a été l’un des premiers à faire sauter les spectateurs samedi. Avec sa casquette de DJ, le chanteur québécois a joué une efficace compilation de titres hip-hop, rap, sans oublier des sonorités africaines (comme Afro Trap de MHD).

Les succès de quelques-uns des meilleurs artistes du moment (Kendrick Lamar et Rihanna en tête) et d’autres plus anciens, de Will Smith à Jaggy, ont obtenu la réponse attendue, avec des dizaines de personnes en train de danser. Bref, il s’agissait d’une bonne manière de s’échauffer avant les festivités suivantes.

Gordi et Heat, deux mondes opposés en ouverture

Le doux folk électro de Gordi a été le premier à prendre place sur la scène de la Montagne, en tout début d’après-midi. S’adressant très peu au public, presque timide, l’Australienne a enchaîné des morceaux efficaces (Heaven I know, On my side). On ne pourra que regretter que sa dernière chanson ait été coupée avant la fin.

Quelques secondes plus tard, sur la scène de la Rivière, le groupe montréalais Heat a fait une démonstration de son redoutable rock alternatif. Le chanteur Susil Sharma a mis à profit sa belle voix grave pour faire découvrir à certains un univers sombre aux sonorités punk qu’on aurait bien eu envie d’entendre plus longtemps que quelque 30 minutes.

George Ezra annule son concert

Après Solange, une autre tête d’affiche de la journée de samedi a dû annuler sa participation. Le chanteur britannique George Ezra, qui s’est fait connaître grâce à ses succès Budapest et Blame It On Me, a dû renoncer à cause de problèmes de transport liés à la mauvaise météo.

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