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Osheaga, jour 3 : Radiohead comble ses fans purs et durs

Le festival Osheaga s'est conclu dimanche soir au parc Jean-Drapeau à Montréal avec le groupe Radiohead, de retour en ville après une absence de quatre ans.

Un texte de Ronald Georges

C'est avec Burn the Witch et Daydreaming, les premiers extraits du tout dernier disque A Moon Shaped Pool, que la formation britannique a mis la table, sous des éclairages froids (bleus, blancs, mauves) et six écrans rectangulaires disposés à la verticale au-dessus de la scène.

Cette première partie de concert s'est poursuivie avec plusieurs des pièces du récent album, Radiohead les interprétant sans compromis et avec intensité. Les fanatiques du groupe, les purs et durs, ont certainement apprécié.

Les pièces 2 + 2 = 5, The Gloaming, Pyramid Song et Weird Fishes/Arpeggi, de la période couvrant les disques Amnesiac et Hail to the Thief, ont suivi.

Fait intéressant, comme lors de la tournée du disque The King of Limbs (2009-2012), les cinq musiciens pouvaient compter sur la présence d'un batteur supplémentaire, en l'occurrence Clive Deamer (Portishead). Les deux batteurs ont ajouté une force percussive inégalée aux pièces.

Le retour des chansons chéries

La foule s'est animée lorsque les premières notes d'Everything in Its Right Place ont pris les airs d'assaut. Avec Idioteque, tirée comme la précédente du disque Kid A, et There There (de Hail to the Thief), Radiohead a réellement plongé dans son œuvre du début des années 2000.

Mais Radiohead a vraiment comblé ses admirateurs après une courte pause. Comme lors de leur spectacle mercredi soir au Madison Square Garden à New York, le groupe a joué Let Down (parfaite et toute en douceur) et Creep, des pièces qu'il ne mettait pas au programme de leurs prestations depuis des années.

Ce moment constituait de beaux souvenirs pour les mélomanes qui ont découvert le groupe avec Pablo Honey (1993), leur premier album, et ceux qui ont écouté en boucle Ok Computer (1997).

Paranoid Android, Exit Music (For a Film) et Karma Police ont ensuite défilé, au grand plaisir de la foule malgré un son variable selon l'endroit, fort achalandé d'ailleurs, où le spectateur se trouvait sur le site. Vivement le retour de Radiohead dans des salles plus confidentielles.

Ce concert de Radiohead à Montréal répondait à un vieux rêve pour l'organisation du festival. Depuis la première édition d'Osheaga en 2006, Jacques Aubé, vice-président exécutif et chef de l'exploitation d'evenko, rêvait d'inviter le groupe à l'événement. C'est désormais un rêve réalisé.

Koriass, Grimes et les autres

Peu avant Radiohead, le rappeur québécois Koriass a offert une parfaite prestation, bien à l'aise sur la scène de la vallée avec son hip-hop « keb » lourd, tissé serré et bien envoyé.

Entouré de quatre musiciens (batteur, bassiste, claviériste-guitariste et DJ), d'un autre MC (Bobby One), Koriass a également invité sur scène Sabrina Halde du groupe Groenland.

Plus tôt dans la journée, même malade, l'ex-Montréalaise Grimes en a mis plein la vue et les oreilles avec sa techno abrasive et par moments bruyante. « Normalement, je bouge beaucoup plus », s'est-elle excusée (en anglais) auprès de la foule.

Accompagnée de trois danseuses déchaînées, dont une choriste et guitariste occasionnelle, Grimes a livré ses pièces relevées de fortes basses numériques à une foule conquise d'avance. La maladie a finalement eu raison d'elle puisqu'elle a écourté sa prestation. Le succès sur la scène internationale de Grimes lui a tout de même garanti une place sur l'une des deux scènes principales d'Osheaga.

C'est sous un soleil de plomb un peu avant 15 h que The Struts a fait rugir ses premiers accords de guitare.

Nul doute : Luke Spiller, le chanteur de ce quatuor britannique, est un émule de Queen, arborant, tel le Freddy Mercury des années 70, sa coiffure, un veston argent flamboyant et une chemise peace and love.

Inspiré des groupes The Darkness, Def Leppard et Queen, The Struts a rapidement répondu aux attentes de la nombreuse foule qui s'était déplacée pour entendre leurs succès, le très rassembleur Could Have Been Me, et Kiss This.

2017, une année de transition

Pour sa 12e édition l'an prochain, Osheaga connaîtra une année de transition, puisque le parc Jean-Drapeau sera agrandi. « On veut rester au parc Jean-Drapeau, confirme Jacques Aubé d'evenko, et continuer d'attirer 45 000 personnes sur le site. »

Sans conteste, Osheaga est réellement devenu un festival international. Des spectateurs de 47 pays différents, dont Israël, l'Arabie Saoudite et le Cameroun ont acheté des billets.

Cette 11e édition était à nouveau présentée à guichets fermés. L'événement a réuni au total plus de 135 000 personnes.

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