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Osheaga : une festivalière dit qu’elle a été droguée et qu’on a refusé de l’aider

Une femme qui affirme que quelqu'un a glissé une substance inconnue dans son verre pendant le festival Osheaga, à Montréal, exhorte les organisateurs à mieux former leur personnel en matière d'agressions sexuelles.

Melanie Doucet soutient que lorsqu'elle a demandé de l'aide aux agents de sécurité présents, ils lui ont tourné le dos. « Ils ont dit qu'ils étaient très occupés et qu'ils feraient de leur mieux, mais qu'ils ne pouvaient pas tout faire, raconte-t-elle en entrevue. Ils m'ont dit que j'aurais dû mieux surveiller mon verre. »

C'est pourtant ce qu'elle avait fait, a-t-elle insisté dans une publication sur Facebook.

Elle assistait à la prestation des Red Hot Chili Peppers, vendredi soir, quand elle a réalisé qu'elle avait perdu ses amis de vue. Elle discutait avec un groupe d'hommes, son verre à la main, quand elle a commencé à se sentir droguée. Une sensation qu'elle a reconnue, ayant déjà été victime de ce procédé dans un bar dans le passé.

« Je me sentais super joyeuse et, soudainement, je n'étais plus capable de contrôler mon propre corps ni de parler normalement, dit-elle. J'ai aussitôt su ce qui était arrivé. »

Son premier réflexe a été de vouloir quitter les lieux. Mais « j'ai eu peur que celui qui avait fait ça me suive jusque chez moi en prétendant être mon ami, explique Mme Doucet. C'est habituellement comme ça que ça se passe. »

La jeune femme s'est péniblement déplacée dans la foule, s'accrochant aux gens pour ne pas s'effondrer. Incapable de parler, elle s'est mise à pleurer. « Ils me regardaient comme une loque, dit-elle. Personne ne comprenait que j'étais en crise. Ils me trouvaient dérangeante et me repoussaient. »

Elle a finalement pu se rendre chez son copain, mais elle ne se souvient pas comment elle y est parvenue.

Enquête

Le lendemain, elle est retournée au parc Jean-Drapeau pour aviser l'équipe chargée de la sécurité au festival de ce qui lui était arrivé, et leur souligner que d'autres femmes pourraient avoir été droguées à leur insu. Mais on ne l'a pas prise au sérieux, déplore-t-elle.

Un porte-parole d'evenko, l'entreprise qui a organisé l'événement, soutient que toutes les mesures sont prises pour assurer la sécurité des festivaliers.

« Nous sommes désolés d'apprendre ce qui est arrivé à cette femme », a indiqué le porte-parole Philip Vanden Brande dans un courriel.

La police recommande aux gens qui assistent à ce genre d'événement d'être accompagnés de proches en qui ils ont confiance, de toujours garder un oeil sur leurs consommations et de signaler tout incident suspect.

Melanie Doucet ne croit pas que parler aux policiers aurait été très utile : « Je ne sais pas qui m'a fait ça. Je ne peux identifier personne. »

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