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Ottawa appelé à financer une maison de transition pour femmes autochtones

La direction du Foyer pour femmes autochtones de Montréal (FFAM) demande au premier ministre Justin Trudeau de passer de la parole aux actes et d'oeuvrer pour la réconciliation, notamment de financer à hauteur de près de 7 millions de dollars le projet de maison de transition sur lequel elle planche depuis 10 ans.

Un texte de Bernard Barbeau

Le gouvernement Trudeau a prévu des fonds importants pour les communautés autochtones dans son dernier budget.

La directrice générale du FFAM, Nakuset, lui a donc récemment fait parvenir une lettre lui présentant le projet et lui demandant de le financer, a-t-elle annoncé lundi en conférence de presse. Elle attend maintenant une réponse.

Le projet de maison de transition a été mis sur pied en collaboration avec l'organisme Bâtir son quartier. Les plans sont prêts et le terrain est choisi; l'emplacement demeurera cependant confidentiel pour protéger sa clientèle vulnérable. Ne manque que l’argent, soit 6,75 millions de dollars.

L’immeuble d’une trentaine de logements doit accueillir principalement – mais pas exclusivement – des bénéficiaires du FFAM au terme de leur passage dans ce centre d’hébergement d’urgence.

« Après que les femmes ont fini leur séjour au Foyer pour femmes autochtones de Montréal, elles vont passer à cet autre endroit pour un an, deux ans… pour de l’hébergement de transition », explique Nakuset.

Les plans actuels comptent plusieurs studios, mais Nakuset souhaite en réduire le nombre pour être en mesure d’accueillir davantage de familles. « On a besoin de ce service pour les familles autochtones parce qu’il n’en existe pas à Montréal », fait-elle valoir.

Il y aura des intervenants pour encadrer les résidents, précise Nakuset : « Au Foyer, on a beaucoup de personnel. On va juste utiliser le même personnel. » Elle parle des services d’une psychologue, d’une intervenante en toxicomanie, d’une travailleuse familiale, d’une avocate et d’une aînée pour de l’accompagnement spirituel, entre autres.

Fondé en 1987, le FFAM offre refuge et soutien aux femmes des Premières nations, aux Inuites et aux Métisses et à leurs enfants en difficulté, leur fournissant un environnement où elles peuvent reconstruire leur vie, et ce, dans un cadre autochtone. Il incorpore des enseignements issus des différentes cultures autochtones, combinant techniques de guérison traditionnelles et approches contemporaines.

Le nouveau centre de transition fonctionnera selon les mêmes principes.

Autres sources de financement possibles

Nakuset fonde beaucoup d’espoir sur la volonté du premier ministre Trudeau d’en faire plus que ses prédécesseurs pour les Premières Nations, mais elle ne compte pas que sur lui.

« On aura peut-être de l’argent du Secrétariat aux affaires autochtones (qui assure le lien entre les Autochtones et le gouvernement du Québec, NDLR) qui a une enveloppe pour les infrastructures, souligne-t-elle. Il y a peut-être aussi la Ville de Montréal. » À cela s’ajoutent différents programmes gouvernementaux.

Mais aucune somme n’est encore confirmée.

« On a certainement besoin d’argent, dit Nakuset. On le cherche. »

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