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Ouverture du barrage de Cornwall : hausse du niveau du Saint-Laurent

L'ouverture du barrage Moses-Saunders, à Cornwall, entraîne une hausse du niveau du fleuve Saint-Laurent ces jours-ci. Les élus sont sur le qui-vive, surtout après les inondations du printemps.

Les autorités ont ouvert le barrage de Cornwall pour abaisser le niveau du lac Ontario, dont les berges sont inondées par endroits.

L’État de New York avait déjà fait une demande à cet effet au début du mois de mai. La Commission mixte internationale - l’organisme canado-américain qui gère les eaux communes -hésitait depuis ce temps à accéder à sa requête. Elle craignait justement les conséquences d'un tel geste.

Mais devant l’insistance des Américains (qui ne cachaient plus leur colère), elle a décidé de tenter l’expérience. Elle a ouvert les vannes mercredi pour une période de trois jours.

Conséquence immédiate et inévitable de cette décision : le niveau du fleuve Saint-Laurent monte malgré le beau temps. Le débit du fleuve a augmenté de 200 mètres cubes par seconde, pour atteindre 10 400 mètres cubes par seconde.

À la Ville de Montréal, la responsable de l’eau et des infrastructures de l’eau au comité exécutif, Chantal Rouleau, comprend que cela puisse être un souci de plus pour les gens qui ont vécu des inondations.

La navigation est en effet rendue plus difficile en raison du haut débit du fleuve en amont de Montréal. La Voie maritime suit la situation de près. Le débit élevé rend les manoeuvres des bateaux plus ardues du côté des écluses, entre Saint-Lambert et le lac Ontario. Des remorqueurs sont à la disposition des navires pour les aider à manoeuvrer.

Sur la Rive-Sud, la plage de Salaberry-de-Valleyfield est déjà inondée et fermée à la baignade. Elle risque de ne pas rouvrir avant la mi-juillet.

Le débit du fleuve n'a toutefois pas d'impact significatif en aval de Montréal, indique la Corporation des pilotes du Saint-Laurent central.

« Rien ne se perd, rien ne se crée, rappelle néanmoins le maire de Québec, Régis Labeaume. S'ils baissent là-bas, ça veut dire que ça va augmenter chez nous! Ça veut dire qu'il va y avoir de l'ennoiement! C'est compliqué, cette affaire-là, c'est compliqué! »

Colère aux États-Unis

Dans le nord de l’État de New York, plusieurs municipalités craignent toujours de nouvelles inondations et souhaitent que les vannes du barrage Moses-Saunders demeurent ouvertes plus longtemps que les trois jours prévus.

Le gouverneur Andrew Cuomo est d’avis qu’il aurait fallu libérer plus d’eau, et le faire plus tôt. D’après ce démocrate - qui pourrait briguer la présidence des États-Unis en 2020 -, la Commission mixte internationale n’a pas suffisamment tenu compte des intérêts américains.

Le gouverneur Cuomo a déploré les effets dévastateurs des inondations sur l’économie de la région, qui dépend notamment du tourisme.

Mais personne n’aurait pu prévoir l’ampleur des crues printanières, causées par des pluies diluviennes, rétorque la Commission mixte internationale. Ouvrir le barrage plus tôt n’aurait fait qu’exacerber une situation déjà critique au Québec.

Avec des informations de Myriam Fimbry

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