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Paradis fiscaux : Philippe Couillard n'a enfreint aucune loi, rappelle Marwah Rizqy

La fiscaliste Marwah Rizqy, qui sera candidate libérale dans Saint-Laurent aux prochaines élections, estime que le compte que détenait Philippe Couillard dans un paradis fiscal lorsqu'il pratiquait en Arabie saoudite n'était pas en infraction avec les lois canadiennes.

Professeure de fiscalité à l’Université de Sherbrooke bien connue pour sa lutte contre l’évasion fiscale, Marwah Rizqy a annoncé mercredi qu’elle sera candidate libérale aux élections québécoises dans la circonscription de Saint-Laurent.

Fidèle à ses convictions, elle a notamment promis de faire de la justice fiscale son principal cheval de bataille et de poursuivre sa lutte contre les paradis fiscaux. Or en 2014, l’émission Enquête révélait en plein travaux de la commission Charbonneau que son chef, Philippe Couillard, avait possédé de 1992 à 2000 un compte bancaire dans l’île de Jersey, considérée comme un paradis fiscal.

Non-résidence fiscale

Questionnée par l’animateur de RDI Économie, Gérald Fillion, sur cette contradiction, Mme Rizqy a d’abord assuré que sa venue au PLQ n’entravera en rien sa lutte contre les paradis fiscaux tout en rappelant que Philippe Couillard n’a pas violé les lois fiscales canadiennes dans cette affaire.

« Pour la situation particulière de M. Couillard, je rappelle qu’à l’époque il était non résident au niveau fiscal [il vivait en Arabie saoudite], donc il n’avait aucune obligation de payer des impôts au Québec », a expliqué Marwah Rizqy.

À l’époque, Philippe Couillard avait expliqué qu’il avait ouvert ce compte à l’île de Jersey pour placer les revenus qu’il touchait en Arabie saoudite, où il a pratiqué la neurochirurgie pendant huit ans.

« Comme des milliers d’autres expatriés québécois, lorsqu’on n’est plus résident fiscal canadien on n’a pas d’impôt dû au Québec », a rappelé Mme Riqzy.

Des sommes déclarées et des impôts acquittés

Selon Philippe Couillard, son compte à l’île de Jersey contenait environ 600 000 $ lorsqu’il est revenu au Québec.

Il avait par ailleurs assuré lors de la sortie de cette information avoir déclaré cet argent après son retour au Canada et payé les impôts qu’il devait sur ces sommes en vertu des lois en vigueur.

Il ne s’agissait donc pas d’évasion fiscale, selon Marwah Rizqy.

« Lorsqu’on n’est pas un résident au niveau fiscal canadien, on peut avoir nos comptes n’importe où dans le monde. Il faut juste s’assurer de répondre aux exigences de l’Arabie saoudite », a ajouté Mme Rizqy en soulignant que Philippe Couillard était soumis à cette époque aux lois fiscales saoudiennes.

Bien qu’elle soit tout à fait légale au Canada, cette stratégie de placement de Philippe Couillard a tout de même soulevé des considérations éthiques puisque l’île de Jersey, dans le nord de l’Europe, figure sur la liste noire des paradis fiscaux en raison du secret absolu dont jouissent ses banques.

Or, dans la mesure où Philippe Couillard a déclaré ces sommes au fisc canadien à son retour, Mme Rizqy n’y voit pas de mauvaises intentions. Posséder un compte à l’étranger n’est pas une infraction aux lois canadiennes, a-t-elle rappelé dans la mesure où on ne l’utilise pas à mauvais escient.

Placements de la Caisse de dépôt dans des paradis fiscaux

Questionnée ensuite sur le fait que la Caisse de dépôt et placement du Québec possède des investissements dans des paradis fiscaux, Marwah Rizqy a souhaité que la direction de la Caisse, qui est indépendante du gouvernement du Québec, prenne un jour la décision de sortir totalement des paradis fiscaux.

Âgée de 33 ans, Mme Rizqy en est à son troisième saut en politique après avoir brigué à deux reprises une candidature avec le Parti libéral du Canada.

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