Retour

Parrainer des réfugiés syriens, un parcours du combattant

La promesse du premier ministre désigné, Justin Trudeau, d'accueillir 25 000 réfugiés syriens d'ici la fin de l'année a été reçue avec un mélange de joie et d'incertitude par des résidents de Rosemont. Maude Ménard-Dunn, Rafaëlle Sinave, Philippe Lavallée, Marie Auer-Labonté et Philippe Morin parrainent un militant des droits de l'homme et sa famille vivant toujours en Syrie. Sauf qu'entre l'intention et l'arrivée à l'aéroport, il y a un monde.

Un texte de Hugo Lavoie, chroniqueur à Gravel le matin

Il y a quelques semaines, un peu avant la publication de la photo de la dépouille d'Alan Kurdi, 3 ans, mort sur une plage turque, Maude Ménard-Dunn cherchait une manière de venir en aide aux victimes de la guerre en Syrie.

« Souvent on regarde des films de la Deuxième Guerre mondiale et on se demande ce qu'on aurait fait à ce moment-là. [Là, cette crise] se passe maintenant. Et on peut faire quelque chose maintenant ». C'est alors qu'elle est tombée sur cette page Facebook d'information sur la Syrie

L'auteur s'appelle Feras Darwish. Selon l'information qu'a obtenue Maude Ménard-Dunn, il a participé aux manifestations anti Bachar Al-Assad, au début de la guerre, en 2011, et est petit à petit devenu militant. Aujourd'hui, il vit toujours à Alep avec sa famille, bien que sa maison et son échoppe aient été détruites. Il doit se déplacer régulièrement pour garder sa famille à l'abri.

Après être entrée en contact avec lui, Mme Ménard-Dunn a rassemblé un noyau d'amis. Ils ont décidé de se lancer dans un parrainage privé de la famille Darwish. Sous le gouvernement conservateur, ils avaient l'impression que seule cette approche était susceptible de produire des résultats. Non seulement ils prennent la responsabilité des frais pour la famille pendant un an, mais ils doivent recueillir 29 700 $ uniquement pour enclencher le processus de demande d'asile. Quelque 17 000 $ ont été amassés jusqu'à présent grâce à une campagne de financement

« Merci d'essayer de sauver ma famille »

Lors de notre visite chez Maude Ménard-Dunn, malgré l'incertitude du projet, malgré une connexion Internet médiocre, M. Darwish a exprimé depuis la Syrie un vibrant message de remerciement à ses bienfaiteurs : « Merci beaucoup, chers amis, d'essayer de sauver ma famille et moi. »

Écoutez le reportage audio d'Hugo Lavoie à Gravel le matin.

25 000 réfugiés d'ici la fin de l'année

La confirmation par le premier ministre désigné, Justin Trudeau, d'accueillir 25 000 réfugiés d'ici la fin de l'année a donc été bien accueillie par le groupe. Mais elle soulève de nombreuses questions. Comment les réfugiés seront-ils sélectionnés? Et quel sera le rôle de l'État? Maude Ménard-Dunn et Rafaëlle Sinave insistent : « il faut que ces réfugiés-là soient pris en charge par le gouvernement. Ça ne peut pas reposer sur les épaules de chaque individu, sur des gens comme moi, comme Rafaëlle, comme Philippe... »

Vous voulez réagir à cette chronique ou encore pour entrer en contact avec notre chroniqueur, écrivez-lui à hugo.lavoie@radio-canada.ca.

Plus d'articles

Commentaires